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    November 23

    J'étais derrière toi

    de Nicolas Fargues



    Après avoir avoué son adultère, le narrateur voit son existence se transformer en enfer par la torture physique quotidienne que lui fait subir sa femme. A bout, il part en Italie prendre du recul chez ses parents. Sa vie va alors prendre à nouveau un tournant, lorsqu'au cours d'un dîner au restaurant il réceptionne un billet anonyme sur lequel sont couchés ces quatre mots : ero dietro di te, j'étais derrière toi...

    Le narrateur se livre cœur et âme au lecteur. Il lui déballe par le menu son adultère, les maltraitances que lui fait subir Alexandrine sans qu'il ne lève ne serait-ce qu'un bras pour se protéger sans parler de se défendre. Il lui détaille son émotion lorsqu'il retrouve la femme qui se cache derrière le billet romantique. Il lui confie ses doutes, lui offre ses joies, limite s'il ne lui demande pas conseil. Bref, le lecteur est son pote, son psy, son meilleur ami ! Et faut-il l'être pour écouter son long monologue sans pause chapitre de 236 pages version poche ! Alors, là où certains y verraient une superbe histoire d'amour, d'autres y verront un récit nombriliste sur fond de masochisme qui agace un peu. Donc, si le lecteur potentiel n'est pas amateur du ça, du moi et du surmoi, ou de psycho-philosophie, qu'il passe son chemin... Les rayons des libraires sont suffisamment fournis pour qu'il trouve son bonheur ailleurs !
    November 19

    Le concert

    de Radu Mihaileanu


    Andreï Filipov, avant de se retrouver homme à tout faire et de récurer les bureaux du théâtre de l'orchestre du Bolchoï, était l'un des plus grands maestros que le 20ème siècle ait connu. Son arrestation au cœur de Moscou, dans les années 80, en pleine représentation du concerto pour violon de Tchaikovsky a brisé sa carrière et mis sa vie entre parenthèse ; jusqu'au jour où un fax demandant au Bolchoï de bien vouloir donner une représentation au théâtre du Chatelet à Paris tombe entre ses mains au lieu de celles du directeur en place. Conscient qu'une telle chance de pouvoir remonter sur scène et de diriger à nouveau un orchestre ne se reproduira sans doute pas, il dérobe le fax et décide de relancer la machine : retrouver l'impresario, négocier le contrat, choisir les morceaux, retrouver les musiciens, sortir de Russie... le tout, en faisant passer son équipe de bras cassés pour l'actuel célèbre orchestre moscovite.



    Moi, vouloir s'envoler vers ciel avec musiciens et avec public explique Filipov interprété par un Aleksey Guskov touchant à une Mélanie Laurent étonnante dans le rôle d'Anne-Marie Jacquet, célèbre violoniste française qui s'interroge sur le choix de Tchaikovsky pour l'unique représentation parisienne du Bolchoï. Et ça marche ! Le spectateur se laisse bercer par ce film orchestré à la manière d'une symphonie. Tout commence en douceur, dans un Moscou où les militants communistes se font rares. Le ton monte crescendo et les frissons avec. L'atmosphère se détend par touche avec des notes d'humour parsemées par-ci par-là, histoire de doser les plaisirs jusqu'à l'explosion finale lors du concert.
    Au cours d'une interview télévisée, lors de la promotion du film, Mélanie Laurent expliquait qu'elle s'était évanouie lors du tournage de la scène du solo de violon durant le concert vu l'état de transe qui régnait sur le plateau. Vous doutiez un peu de son raisonnement jusqu'au moment où vous avez senti votre visage inondé de larmes. Vous n'êtes pourtant pas ce qu'on peut appeler une adepte de musique classique, loin de là. Votre univers musical est plus proche de Kurt Cobain que de Beethoven. Et pourtant, Tchaikovsky vous a eu ! Qui sera le prochain sur sa liste ?
    November 12

    I need to pee


    Vous ne savez pas pour les autres, mais en ce qui vous concerne, il n'est pas toujours simple, suivant la situation, de dire ou de faire comprendre avec discrétion et/ou délicatesse que votre organisme a besoin de se soulager sous peine de vous retrouvez dans un tout autre embarras si celui-ci ne trouve pas fissa un lieu d'aisance...



    Enfant, les adultes vous demandaient toutes les deux minutes si vous n'aviez pas envie de faire pipi dès qu'on vous voyait vous tortiller ou dandiner d'une jambe sur l'autre. Tiens, comme l'autre, votre maîtresse de moyenne section qui a tué votre vocation dans l'œuf ! Sous prétexte que, justement, vous piétiniez sur place à côté de son bureau, elle avait immédiatement suspecté une envie pressante. Mais pas du tout ! Pas du tout du tout ! Vous imitiez tout simplement  vos idoles du moment : les majorettes. Vous vous occupiez comme vous pouviez le temps qu'elle corrigeait vos ronds à colorier en rouge et vos carrés en bleu. Aucune imagination elle ! Ouais, c'est vrai qu'avec un bâton dans les mains ça aurait été beaucoup plus explicite, mais bon...

    Adulte, la bienséance veut que vous oubliiez tous ces signes extérieurs, quoique bien pratiques, de SOS de vessie en détresse. A vous de vous débrouillez pour faire passer le message. S'offrent alors à vous plusieurs solutions :
    • Version trash : à la manière d'Anémone dans l'excellent film Marquise où celle-ci attendant Lambert Wilson près d'un pilier dans une église  lui rétorque à  sa  question "vous priez ma dame ?" que "Non. Je pisse. (...) C'est que vous avez plus de trois quart d'heure de retard. Je crois charitable de distribuer ce dont le Seigneur a si généreusement rempli mon ventre". Elégant...
    • Version femme du monde : à la manière de Julia Roberts dans Pretty Women où prétextant un repoudrage de nez, demande à l'assistance de l'excuser en ces termes "Je vais aux toilettes pour dames". Raffiné...
    • Version enfantine, où vous annoncez tout simplement d'un air espiègle que vous êtes à la recherche des petits coins ou des pipi room. Ah reuuuh...
    • Version romantique, comme en Thaïlande où vous annoncez que vous allez cueillir les fleurs si vous êtes du genre féminin ou bien alors tirez les lapins si vous êtes du genre masculin. Imagé...
    • Version in the wave, comme au Pérou ou vous vous éclipsez en prétextant un besoin urgent de téléphoner. Futé...
    Alors, lorsque votre collègue tout juste rentré d'Amérique du sud vous sort tout de go par talky-walky interposé qu'il doit aller téléphoner, vous laissant en plan sans tambour ni trompette au beau milieu d'un test, vous êtes en droit de penser qu'en réalité, il est tout simplement aller soulager un besoin naturel... Malin.
    November 05

    Ferronnerie d'art à Big Apple


    New York City est réputée pour bien des choses mais pas pour sa ferronnerie d'art. Et pourtant, à foison vous en avez trouvé au détour des rues. Celle-ci vous accompagne tout au long de votre périple que ce soit dans les beaux quartiers du sud de central park avec le globe du Columbus circle rivalisant de grandeur avec les buildings l'encerclant, dans le nord du même parc vous rapprochant d'Harlem avec ces escaliers de secours rivalisant d'imagination dans la complexité des torsades des barreaux semblant partir à l'ascension du ciel tels des liserons noirs, ou bien encore les haubans des ponts amarrant Manhattan aux morceaux de terre qui l'entourent tels de gros bras entamant un bras de fer quotidien contre les éléments. Vous passerez sur les charmants mobiliers de jardin en rez de trottoir attendant l'heure du thé en compagnie de gros tournesols dans les rues de Brooklin, tout comme les œuvres d'art placées ça et là comme de gros champignons au milieu des rues et autres placettes et bien sûr l'emblème même du pays : la miss Liberty qui vous apparaît grandiose aux portes de la grosse pomme en revenant de Staten Island par le ferry.