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    March 27

    La journée de la jupe

    de Jean-Paul Lilienfeld


    Sonia, professeur de français dans une ZEP de la banlieue parisienne, est exaspérée par l'indifférence et le j'en-foutisme général de son auditoire. Lors d'un de ses cours, le sac d'un élève s'ouvre à ses pieds, lui découvrant une arme à feu. Elle perd alors les pédales, et d'un geste inconsidéré s'empare de l'arme, la pointe sur ses élèves, les prenant ainsi en otages. Le point de non-retour est atteint.


    Outch ! Filmé en huit clos, la journée de la jupe prend littéralement aux tripes ! Ouais. Rien que ça ! Loin d'être commercial, ce film est tout simplement humain. Alors il peut gratter certains, en déranger d'autres, piquer les concernés, émouvoir les plus sensibles, révolter les moins passifs, désoler les femmes, faire ricaner les imbéciles, mais ne peut certainement pas laisser indifférent... Il est juste improbable de rester sans réaction devant la justesse des réalités des lycéens des banlieues et de leurs professeurs remarquablement interprétés par des jeunes prometteurs et la folie d'Adjani. Pourtant le pari était loin d'être gagné aux vues des difficultés qu'a rencontrées le producteur pour trouver les fonds. Car il n'est pas évident de convaincre en mettant en avant un tel sujet de société sans heurter les sensibilités tout  en restant juste et objectif. Comment aborder le quotidien des professeurs, les obscurs codes d'appartenance à un gang, la bêtise des caïds arborant trois poils au menton, et surtout les difficultés d'être une jeune fille aujourd'hui dans certains coins de France sans tomber dans le mélo ? La facilité aurait été de parodier Ecrire pour exister. Mais voilà, nous ne sommes pas à Hollywood et Jean-Paul Lilienfeld a préféré la violence pour marquer  les esprits. Certaines poubelles ont quelques fois bien besoin de recevoir un coup de pied !
    March 16

    Mille soleils splendides

    de Khaled Hosseini
     
    Mariam, jeune afghane de 15 ans, est mariée de force à un homme de 30 ans son aîné. Incapable de lui donner un enfant, elle se voit devenir au fil des années une ombre souffre douleur d'un mari violent, jusqu'au  jour où celui-ci la sort de sa torpeur en lui présentant sa nouvelle épouse, Leila. Leila, jeune, belle et ayant un ventre fertile...

    Quel bonheur de retrouver Khaled Hosseini ! Après les fortes émotions éprouvées à la lecture des cerfs-volants de Kaboul, c'est avec l'angoisse d'éprouver de la déception que le lecteur tourne la première page de ce second opus... Le soulagement ne se fait pas attendre puisque dès la deuxième page, Mariam lui devient tout de suite sympathique. A la vingtième, il sait que son cœur de midinette va souffrir au rythme des malheurs de sa nouvelle amie. A la centième, il a passé les 3 dernières heures à dévorer littéralement les 99 précédentes et sait pertinemment qu'il passera les 3 prochaines pendu aux lignes du sieur Hosseini, à s'émouvoir devant le destin de ces 2 femmes que sont Mariam et Leila. Parce qu'après l'univers masculin décrit dans les rues de Kaboul, l'auteur rend hommage aux femmes de son pays d'origine qu'est l'Afghanistan en exposant ses héroïnes à l'horreur et l'humiliation  qu'a dû supporter sans broncher la condition féminine dans un pays où les hommes ont sombré dans la folie intégriste. Et pourtant, malgré la dureté du sujet, la plume de Kahled Hosseini a su le traiter avec toute la douceur et la tendresse des bras protecteurs d'une mère portant son enfant ; nous rendant encore plus sensible et réceptif à son message d'espoir.