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23 novembre

J'étais derrière toi

de Nicolas Fargues



Après avoir avoué son adultère, le narrateur voit son existence se transformer en enfer par la torture physique quotidienne que lui fait subir sa femme. A bout, il part en Italie prendre du recul chez ses parents. Sa vie va alors prendre à nouveau un tournant, lorsqu'au cours d'un dîner au restaurant il réceptionne un billet anonyme sur lequel sont couchés ces quatre mots : ero dietro di te, j'étais derrière toi...

Le narrateur se livre cœur et âme au lecteur. Il lui déballe par le menu son adultère, les maltraitances que lui fait subir Alexandrine sans qu'il ne lève ne serait-ce qu'un bras pour se protéger sans parler de se défendre. Il lui détaille son émotion lorsqu'il retrouve la femme qui se cache derrière le billet romantique. Il lui confie ses doutes, lui offre ses joies, limite s'il ne lui demande pas conseil. Bref, le lecteur est son pote, son psy, son meilleur ami ! Et faut-il l'être pour écouter son long monologue sans pause chapitre de 236 pages version poche ! Alors, là où certains y verraient une superbe histoire d'amour, d'autres y verront un récit nombriliste sur fond de masochisme qui agace un peu. Donc, si le lecteur potentiel n'est pas amateur du ça, du moi et du surmoi, ou de psycho-philosophie, qu'il passe son chemin... Les rayons des libraires sont suffisamment fournis pour qu'il trouve son bonheur ailleurs !
7 octobre

La consolante

de Anna Gavalda


Charles Balanda, 47 ans, est englué dans sa vie d'adulte, sa vie de couple, sa vie d'architecte. Un courrier reçu chez ses parents va déclencher le lent compte à rebours sur son enfance, son adolescence et sa vie de jeune homme auprès d'une femme qui lui a appris le bonheur et le sortir enfin de son sommeil. Il sera alors à nouveau prêt à affronter la vie et la savourer à sa juste valeur.

Tout le monde est unanime. Difficile de rentrer dans l'histoire, syntaxe compliquée. L'habitude est dérangée d'où la nécessité d'un temps d'adaptation avant de savourer son plaisir à lire le dernier Gavalda. Vous vous attendiez tellement à être déçue que vous avez hésité longuement avant d'oser l'ouvrir... Le premier chapitre passé, vous vous demandez ce qui a bien pu vous échapper. Vous avez accroché direct ! La moitié du livre englouti, vous cherchez toujours le dérangement occasionné par le style d'écriture... Pour vous, il marque clairement le détachement du personnage par rapport à son histoire passée à l'instar d'un bande vidéo retraçant les souvenirs enfouis. La dernière page tournée vous laisse un sentiment de bien-être et de devoir accompli. Un peu triste de laisser derrière vous tout ces personnages et leurs instants de vie simples que vous avez partagés au fil des pages. L'auteur ne déçoit pas. Bien au contraire. Elle s'installe un peu plus dans une catégorie de genre dans laquelle les plumes françaises excellent, il faut bien l'avouer !
6 juillet

Forteresse digitale

de Dan Brown


La National Security Agency  (NSA) possède l'arme secrète la plus redoutable : TRANSLR, un ordinateur de décryptage. Ce dernier fait voler en éclat tous les codes de la planète, sans exception, faisant ainsi de la NSA la plus grande banque de données secrètes mondiale jusqu'au jour où TRANSL se trouve menacé par un de ses propres fondateurs.

Dan Brown signe là son premier techno-trhiller qu'on ne peut décidément pas qualifier de réussite... Bien que l'idée de dépeindre les limites incertaines entre la défense des libertés individuelles et les exigences de la sécurité nationale est originale, l'auteur n'a de cesse de donner des coups d'épée dans l'eau de part la manière d'essayer de maintenir le lecteur en haleine. Le scénario est loin d'être captivant et sa lecture ennuie assez rapidement. Car une fois les fondations posées, l'histoire tourne rapidement en rond, comblant quelques centaines de pages avant de lâcher une fin, certes un peu surprenante, mais légèrement tirée par les cheveux. Dan Brown se cherche. Son style est sous-jacent. Ce roman creux semble être le brouillon du phénomène de société qu'est le Da Vinci Code. Les trames sont peut-être identiques mais le seul intérêt de ce premier opus réédité réside en l'appât marketing de l'éditeur : "par l'auteur du Da Vinci Code"...
22 juin

Le cavalier suédois

de Léo Pérutz


Un gentilhomme, officier en cavale de l'armée de Charles XII de Suède, rencontre sur le bord du chemin un vagabond fuyant un mystérieux enfer. Compagnons de fuite et d'infortune, ils trouvent refuge dans une auberge où se scelleront leurs deux destins par un pacte d'amitié dont les termes consistent en l'échange d'identité. Le vagabond se voit alors l'opportunité d'une vie qu'il n'avait jamais osé rêver mais à contrario, plonge intentionnellement son partenaire d'infortune dans un véritable cauchemar.

Un vagabond promis au gibet et un jeune noble déserteur échangent leurs identités et il est impossible de les lâcher d'une semelle jusqu'à la dernière ligne. Pourquoi ? Eh bien parce que c'est génial ! s'enthousiasme Anna Gavalda. Roman d'amour, d'histoire, philosophique par sa morale, tragi-comédie sont autant de qualificatifs indissociables pour ce roman à la plume d'un autre temps. D'un autre temps... C'est là que le bât blesse car Léo Pérutz est un de ces écrivains de la même veine que les Flaubert, Sand et autre Stendhal... Alors tout lecteur adepte des romans mélo-dramatiques sur fond de romantisme du 18ème siècle sera ravi. Par bien des points, ce roman rappelle La petite Fadette et ses esprits torturés transposant le conte et le roman, le tout sur fond d'une campagne profonde issue des tableaux de Jean-Baptiste-Marie Pierre. Par contre, pour le non nostalgique des classiques, dont vous faites partie, il ne partagera nullement l'engouement de l'auteur d'Ensemble c'est tout pour l'histoire de ces deux fuyards. Pourquoi ? Eh bien parce que c'est barbant ! CQFD.
15 juin

Largo Winch

de Philippe Francq et Jean Van Hamme

Comme tout spectateur enthousiaste du film éponyme, vous vous êtes jetée sur la série BD une fois vos pénates retrouvées. Quitte à en attraper une indigestion, les 16 tomes disponibles vous avez ingurgités. D'affilée. Les 16. Tomes. Oui. Ah ! Il faut l'aimer le Largo, hein ?



Présentation. Largo Winczlav prend le nom de Winch lors de son adoption par l'homme d'affaire multimilliardaire Nerio Winch. Plus que son nom, c'est de son empire et de son immense fortune dont il hérite à la mort de ce dernier. Alors âgé de 26 ans et au physique plutôt avantageux, Largo devient l'homme le plus convoité et envié de la planète. Ses côtés anticonformiste, rebelle et bagarreur collent assez mal avec son nouveau statut de magnat de la bourse. Celui-ci, loin de lui convenir parfaitement, l'entraîne dans des situations de doute et d'abattement que les coups bas et la mesquinerie de son nouveau milieu ne font que renforcer. Heureusement, Simon et Freddy, ses deux amis fidèles, l'aident à garder la tête froide et les pieds sur terre.

Le scénario n'a rien de bien original. Une histoire de pauvre petit garçon riche... Et pourtant, le premier tome terminé, vous enchaînez sur le deuxième. Puis le troisième. Puis le quatrième. Puis... Jusqu'au seizième, dernier tome paru à ce jour. Alors pourquoi accrocher ? Peut-être parce que Jean Van Hamme vous plonge dans un conte de fée des temps modernes. Ou bien alors parce que les traits du jeune Largo, sous la mine graphite de Philippe Francq, s'approchent plus de ceux d'un mec à la trentaine bien tassée au regard de braise qui font de lui incontestablement le mari idéal...Ou est-ce parce que ce genre de série s'adresse plus à un lectorat masculin, faisant indéniablement resurgir votre côté garçon manqué refoulé ? Quoi qu'il en soit, l'ensemble est plutôt bien ficelé menant de front aventures, monde financier, histoires d'amour impossibles, valeurs morales et vous en passez. Alors vu comme ça, finalement, tout le monde s'y retrouve !
18 mai

La théorie Gaïa

de Maxime Chattam



Trois scientifiques français sont contactés dans le plus grand secret par un commissaire de la commission européenne. Une mission de la plus haute importance leur ait proposés sans plus amples explications si ce n'est qu'ils peuvent sauver l'humanité. La curiosité et l'aspect top-secret de celle-ci flattent leur égo et les poussent à accepter. Une fois en place, l'horreur de la réalité les rattrape mais il est déjà trop tard pour reculer !

A présent, n'oubliez pas que cette aventure se situe... bientôt. Aussi, toute similitude avec une situation actuelle ne serait peut-être pas si fortuite que cela... A nous de décider de notre avenir. Ainsi parle le préambule... Prometteur, le lecteur se sent tout de suite dans l'ambiance ! Connaissant un peu l'auteur, c'est avec une délicieuse boule dans la gorge qu'il dévore les premiers chapitres en s'enfonçant un petit peu plus sous la couette à chaque ligne ingurgitée (comme si une couette pouvait protéger de quoi que ce soit à part du froid... Bref ! Passons). Imagination en mode totaly ON !!! Là, le lecteur peut s'en donner à cœur joie étant donné qu'il ait cette dernière un tant soit peu développée. Si tel n'est pas le cas, Maxime s'en charge ! C'est donc avec la peur au ventre qu'il avance jusqu'au tiers de l'aventure. Décidément, du grand Chattam ! Oui. Mais... Mais toute intrigue se dissipe et celle-ci n'échappera pas à la règle. Des longueurs s'installent. La réalité rattrape la fiction en tenant le lecteur en haleine, certes. Mais le sentiment de peur est partie avec l'imaginaire, laissant place a une lecture agréable mais qui ne marque pas les esprits. Pourtant tous les ingrédients fréquemment utilisés et justement dosés par Maxime Chattam sont présents. La barre aurait-elle été placée trop haute par son opus précédent (Les arcanes du chaos) ? Peut-être... La trilogie du "cycle de l'homme" se termine donc sur un sentiment d'écriture commerciale ce qui déçoit forcément un peu. Dommage...
14 avril

Lune captive dans un œil mort

de Pascal Garnier


"Les Conviviales, l'expert des résidences seniors. Les Conviviales c'est un nouveau concept de vie pour les retraités qui ont choisi de vivre une retraite active au soleil... En quelques mots, Les Conviviales c'est : une résidence clôturée et sécurisée. Aujourd'hui, le premier des conforts, c'est de se sentir bien protégé et en sécurité permanente. Le gardien-régisseur logé sur place à l'année veille à la tranquillité des résidents." Ainsi commence le récit de Lune captive dans un œil mort.

Bien. Ce roman à la Melrose Place version troisième âge nous expose avec un humour cynique les clichés de notre société vieillissante : la course à l'éternelle jeunesse, la peur de l'étrange, le refus des différences, l'apologie de la complaisance... Pascal  Garnier a su, dans ce huit clos, retranscrire d'une étonnante manière la nature humaine quelle que soit sa génération. Cependant, à sa lecture, une question germe irrémédiablement : l'auteur avait-t-il eu vent du concept Les Sénioriales dont notre petit écran nous rabat les oreilles entre deux chroniques de Télématin avant d'écrire son opus ? Notons que la coïncidence est troublante... Quoi qu'il en soit, si nos seniors lisent ce petit bouquin avant de signer un engagement dans ce genre de cage dorée, il y a fort à parier qu'ils ne sont pas prêts d'emménager !
16 mars

Mille soleils splendides

de Khaled Hosseini
 
Mariam, jeune afghane de 15 ans, est mariée de force à un homme de 30 ans son aîné. Incapable de lui donner un enfant, elle se voit devenir au fil des années une ombre souffre douleur d'un mari violent, jusqu'au  jour où celui-ci la sort de sa torpeur en lui présentant sa nouvelle épouse, Leila. Leila, jeune, belle et ayant un ventre fertile...

Quel bonheur de retrouver Khaled Hosseini ! Après les fortes émotions éprouvées à la lecture des cerfs-volants de Kaboul, c'est avec l'angoisse d'éprouver de la déception que le lecteur tourne la première page de ce second opus... Le soulagement ne se fait pas attendre puisque dès la deuxième page, Mariam lui devient tout de suite sympathique. A la vingtième, il sait que son cœur de midinette va souffrir au rythme des malheurs de sa nouvelle amie. A la centième, il a passé les 3 dernières heures à dévorer littéralement les 99 précédentes et sait pertinemment qu'il passera les 3 prochaines pendu aux lignes du sieur Hosseini, à s'émouvoir devant le destin de ces 2 femmes que sont Mariam et Leila. Parce qu'après l'univers masculin décrit dans les rues de Kaboul, l'auteur rend hommage aux femmes de son pays d'origine qu'est l'Afghanistan en exposant ses héroïnes à l'horreur et l'humiliation  qu'a dû supporter sans broncher la condition féminine dans un pays où les hommes ont sombré dans la folie intégriste. Et pourtant, malgré la dureté du sujet, la plume de Kahled Hosseini a su le traiter avec toute la douceur et la tendresse des bras protecteurs d'une mère portant son enfant ; nous rendant encore plus sensible et réceptif à son message d'espoir.
13 février

La traversée du Mozambique par temps calme

de Patrice Pluyette
 
Le capitaine Belalkazar, archéologue anglais à la retraite, n'a plus qu'un seul but : découvrir Païtiti, la merveilleuse cité d'or du Pérou. Après plusieurs échecs, il rachète un bateau et monte un équipage de choc remonté à bloc pour surmonter les innombrables épreuves qu'ils devront endurer pour mettre la main sur le fabuleux magot de Païtiti.
 
Voilà une bien jolie chasse au trésor que nous conte là Patrice Pluyette. Car oui, le récit qu'il nous en fait se rapproche plus du conte fantastique que d'un récit de voyage. Non averti, le lecteur peut être surpris par une écriture un peu absurde mais qui peut également prétendre bousculer nos habitudes littéraires. Jouant avec le lecteur, le prenant tantôt à témoin et l'ignorant la ligne qui suit, Patrice Pluyette s'amuse. Il s'amuse avec ses personnages, son histoire, les mots. A nous de franchir la porte de sa salle de jeux. Drôle et décalé, ce bouquin force notre esprit à remonter le temps et de s'ouvrir aux histoires extraordinaires de notre enfance. Il s'en faut de peu pour que l'imaginaire de l'auteur engendre au fil des pages un serpent de mer volant jaillissant des eaux tourmentées de l'Atlantique... Un véritable baume pour nos cerveaux adultes devenus peut-être un peu trop cartésiens.
3 février

Ulysse from Bagdad

d'Eric-Emmanuel Schmitt
 
Saad, fils d'un intellectuel irakien tué sous ses yeux, se voit dans l'obligation de quitter son pays afin de pouvoir subvenir aux besoins de sa famille. Pays d'exil souhaité : l'Angleterre. Saad entame alors un long et pénible voyage ponctué d'embûches en qualité de clandestin.
 
Ce nouvel opus d'Eric-Emmanuel Schmitt est passé bien inaperçu lors de sa sortie. A juste titre ? Peut-être... Comme à son habitude, l'auteur surfe sur la vague des moments forts de l'actualité. Ici, c'est la guerre irakienne et ses conséquences dramatiques pour la population de ce pays que sa plume, toujours aussi efficace, passe au crible. Son personnage principal a donc son lot de malheurs. Cependant, sa fuite vers l'Angleterre semble relativement "facile". L'Ulysse de Schmitt à l'inverse de celui d'Homère est attachant, naïf et limite amusant. Certes, la lecture de son histoire en est agréable mais en total décalage avec l'absurdité de la situation que vivent les clandestins. Ce qui aurait pu être traité de manière tragique l'a été sur le ton de l'humour. Pourquoi pas ? Mais ce style dérange un tantinet devant le sérieux des actualités. Après, là est peut-être le but... ? Dans tous les cas, Ulysse from Bagdad n'est sûrement pas le meilleur livre à mettre entre des mains vierges des lectures de ce fabuleux écrivain qu'est Eric-Emmanuel Schmitt pour les rendre addict !
13 janvier

L'Evangile selon Pilate

d'Eric-Emmanuel Schmitt
 
1ère partie : Mont des Oliviers. Jésus, à l'aube de son arrestation, revient sur son parcours hors du commun ne s'expliquant toujours pas l'engouement de son entourage pour ces petites choses qu'ils appellent des miracles.
2ème partie : Alors que Ponce Pilate pense être débarrassé du cas Jésus, le voilà qu'il se retrouve maintenant avec la disparition de son cadavre sur les bras. Fait qu'il s'empresse de relater par courrier à son frère resté à Rome dans leur correspondance quotidienne.
 
Encore un évangile supplémentaire. Certes. Cependant, personne n'avait eu cette idée de génie avant Eric-Emmanuel Schmitt de mettre en scène un Jésus essayant de réfuter le caractère divin de ses actes et de suivre sa résurrection à travers la plume de son condamnateur. L'affaire tourne en véritable enquête policière rendant les personnages beaucoup plus humains, plus plausibles et donc plus accessibles ! Bien que les évangiles officiels soient revus et corrigés, l'auteur ne franchit jamais la barrière du  blasphème, flirt avec cette limite sans tomber dans le vulgaire. Drôle, cette version est une très bonne alternative aux 450 pages du deuxième testament format poche pour s'initier ou se réconcilier avec la religion catholique. On regrette presque que cet opus ne soit pas au programme des cours d'éducation religieuse. Il y a fort à parier que l'intérêt des élèves serait plus éveillé ;)
27 décembre

Personne n'y échappera

de Romain Sardou
 
Hiver 2007, 24 corps sont découverts par la police d'une petite bourgade du New Hampshire sur les lieux d'un chantier public. 24 personnes assassinées d'une balle en plein coeur. 24 disparitions identiques. Etrangement, ils ne font l'objet d'aucune déclaration d'avis de recherche. Parallèlement, dans une université de la même bourgade, Frank Franklin, jeune écrivain, prend son premier poste de professeur de littérature. Les deux évènements n'ont à première vue aucun dénominateur commun. Et pourtant, ils deviendront très rapidement étroitement liés.
 
Voilà le lecteur plongé, une fois de plus, dans une affaire tordue où l'intrigue a du mal à se mettre en place et où la chute tombe comme un couperet. Tout comme dans Pardonnez-nous nos offenses, il est difficile, donc, de rentrer dans cette histoire de crime organisé. Cependant, force est de reconnaître que Romain Sardou a l'art de mettre en scène des personnages et surtout des intrigues qui sortent des sentiers battus ! Dommage qu'il faille encore une fois lui reprocher la longueur de l'introduction et surtout une fin expéditive... Il semblerait que ces deux traits soient son point faible, à moins qu'ils ne soient sa marque de fabrique... !
30 octobre

Registre des morts

de Patricia Corwell
 
Kay Scarpetta, ayant quitté son poste de médecin légiste au sein du FBI, s'installe à Charleston où elle ouvre un cabinet de médecine légale. Bien que les chambres froides de sa morgue ne désemplissent pas, l'implantation de ce dernier n'est pas du goût de toute la population. Pour mener à bien cet ambitieux projet, Kay aura besoin de se sentir soutenue et entourée par une équipe unie et soudée, comme au bon vieux temps. Malheureusement, le bon vieux temps semble avoir oublié de les suivre en Caroline du Sud...
 
Le lecteur est également resté coincé à Richmond où toute l'histoire a commencé quelques 14 bouquins plus tôt... A Charleston, tout semble bordelique. Les intrigues ainsi que les personnages partent dans tous les sens sans vraiment arriver quelque part, rendant le tout confus et incohérent. Si les personnages, très nombreux ne trouvent pas leur place, l'auteur, quant a elle se perd dans des descriptifs médicaux dignes d'un rapport d'un véritable légiste. Elle en oublie presque son meurtrier ! Conclusion, ce bouquin est limite ennuyeux... Mais qu'arrive-t-il à Patricia Cornwell ?! Sans Raison était-il annonciateur du déclin de Kay Scarpetta ? La question se pose alors : ne serait-il pas préférable qu'elle rende maintenant dignement son tablier ensanglanté plutôt que de s'entêter et s'enliser dans des histoires soporifiques ; et surtout avant que le titre de ce dernier opus ne contienne aussi celui du célèbre médecin légiste... Une chose est sûre, la suite n'est pas attendue avec impatience !

4 octobre

Mille femmes blanches

de Jim Fergus
 
1874, Etats-Unis d'Amérique. Little Wolf, grand chef d'une tribu Cheyenne, se rend compte que son peuple est en danger. Lui vient alors l'idée de proposer au président Grant de tronquer chevaux et bisons contre ni plus ni moins mille femmes d'origine eurasienne afin de sceller le pacte de paix entre les blancs et les peaux rouges, de sauver son peuple de l'extinction et de créer par cette union un nouveau peuple américain prenant le meilleur des deux parties. Grant accepte cette proposition improbable et entame secrètement une grande campagne de recrutement dans tout le pays mais en arrosant essentiellement les pénitenciers et les asiles d'aliénés... Mary Dodd, internée par sa famille pour moeurs contraires à la morale, y voit une porte ouverte vers la liberté. Commence pour elle l'écriture de son journal intime retraçant son périple afin de retrouver son peuple d'accueil et l'incroyable aventure qu'est la vie au sein d'une tribu indienne.
 
Partant d'un fait historique, Jim Fergus extrapole et brode ici une jolie histoire sur la communion de deux peuples. Cependant, un petit air de déjà vu s'installe dès l'arrivée des pionnières dans le camp de Little Wolf. Effet Danse avec les loups oblige... Le lecteur ne peut s'empêcher de faire des similitudes entre les 2 opus. Bien que les héroïnes soient de sexe opposé, les lignes directrices restent les mêmes : le carnet de note, le mariage mixe, l'apprentissage de la vie dans un campement, la trahison des sioux, la prévision de l'invasion par les blancs entraînant la quasi-extermination du peuple indien. Néanmoins, il est intéressant de lire cette histoire relatée par une femme mais écrite par une plume masculine. Les adeptes de la cause indienne devraient y trouver leur bonheur. Pour les autres, une petite évasion dans les grandes plaines indiennes leur donnera une bonne bouffée d'exotisme et d'oxygène :)
18 septembre

Parce que je t'aime

de Guillaume Musso

La disparition de Layla, 5 ans, dans un centre commercial de Los Angeles a brisé ses parents, les amenant au divorce. Si sa mère, Nicole, a réussi à poursuivre sa vie. Il est loin d'en être de même pour Mark, son père. Persuadé que sa fille est vivante et qu'elle les attend quelques part, Mark met sa vie entre parenthèse et ne survit plus que dans l'espoir de la retrouver. Quelle n'est pas sa surprise et son soulagement lorsque Nicole lui annonce que leur petite fille a été retrouvée au même endroit où elle avait disparu 5 ans plus tôt, saine, sauve mais réfugiée dans le mutisme.
Sur le vol qui les ramènera à New York, embarquent également Evie, une jeune fille de 15 ans à l'allure gothique et Alyson, une jeune et riche héritière mal dans sa peau. Ils ne se connaissent pas et pourtant le destin les a déjà liés les uns aux autres.
 
Guillaume Musso est égal à lui même. Une plume précise avec une ligne directrice amenant son lecteur là où il s'y attend le moins en lui fournissant suffisamment de détails pour combler son appétit d'inspecteur Colombo en herbe et laissant suffisamment de suspense pour décider son lecteur à se greffer son bouquin au bout des doigts. Inutile d'espérer le lacher avant que les pages de remerciement de fin n'apparaissent...
Le mystère de la disparition de Layla est le fil conducteur certes, mais la résolution de cette affaire ne se résume surtout pas à une enquête type policière. Non. Elle engendre une réflexion sur les sentiments humains, le rôle du conscient et l'inconscient sur tout homme, amenant petit à petit la pièce manquante au puzzle sans laquelle le tableau n'a aucun sens. Alors, bien malin celui qui percera le mystère avant le mot FIN !
29 août

Cours, ma jolie

de Lisa Unger
 
 
Ridley Jones est une jeune femme que la vie a comblée. Issue d'une bonne famille, journaliste à New York et fiancée à un pédiatre, tout semble lui sourire. Et pourtant, tout conte de fée a son revers. Sa vie trop parfaite n'est-elle finalement qu'un cliché ?
 
Lisa Ungler est directe. Afin de prendre le lecteur a parti, elle décide de construire son livre comme une lettre dont le personnage principal vous confesse comment un incident anodin a complètement bouleversé sa vie. Alors, comment ne pas se sentir concerner par les malheurs de cette pauvre Ridley ? Certes, l'intrigue est un peu tirée par les cheveux mais il n'empêche qu'il ne vous faut pas plus de 2 jours pour enfiler les quelques 450 pages, histoire de vérifier que vous êtes sur la bonne voie. Le côté curieux de la fouine sommeillant en chaque lectrice se réveille en contact d'un thriller.
 
Les ficelles sont un peu usées à force d'avoir été utilisées par d'autres auteurs tels que Harlan Coben. L'idée n'est donc pas nouvelle mais Lisa Ungler sait tenir le suspense même si celui-ci n'est pas maintenu de manière égale tout au long du récit. Il n'est pas simple, aujourd'hui, de se démarquer dans cette catégorie ! Néanmoins, le lecteur passe un agréable moment, surtout la gent féminine en compagnie du beau Jake, le bad boy de service ;)
8 juillet

Pretty man

d'Ariel Ricaud
 
Marie, 55 ans, peut se targuer d'avoir réussi sa vie. Femme d'un brillant avocat, mère de 4 beaux enfants à l'avenir prometteur dans les traces des pas de leur père, grand-mère comblée, journaliste accomplie et reconnue dans la profession. Pourtant, sous ces belles apparences, Marie doit combler un manque. Un manque d'amour... physique... qu'elle trouve dans les bras d'amants de passage ou attitrés...
 
Le moins que l'on puisse dire c'est que cette héroïne ne fait pas les choses à moitié ! Quand elle aime, elle va au bout de ses passions telle une adolescente. Et c'est là que le bât blesse, car toutes ses histoires  de coeur ne collent pas à la tranche d'âge ménagère de plus de 50 ans. OK, vous avez bien compris qu'il s'agit justement de l'essence même de l'ouvrage mais n'empêche que ça sonne quand même un peu faux. Vous avez du mal à imaginer une quiqua kifer grave ce mec la avec la réplique qui tue "ouaiiiis mais tu comprends, il est trop beauuuuuuu haaaan !" pour faire passer la pilule à meilleure amie... Vous imaginez encore moins une personne que l'expérience de la vie a façonnée et est donc par définition mature, pister le fantasme du moment et traverser la moitié du globe histoire de le retrouver par hasard genre "Oooh ! Saluuuut !! Mais qu'est-ce que tu fais là ??? Huhuhu". Alors oui peut-être fallait-il oser et Ariel Ricaud l'a fait mais sans réel succès... Peut-être aurait-il fallu pousser les clichés encore plus loin pour que l'histoire ne sonne pas juste un peu faux mais pour que la fiction prenne vraiment le dessus : genre un amant de 25 ans son cadet la mettant enceinte ?!
16 juin

Le syndrome Copernic

de Henri Loevenbruck
 
Un matin d'été ordinaire, trois bombes explosent dans une haute tour du quartier de la Défense ne laissant aucun survivant. Une seule personne pourtant y réchappe : Vigo Ravel, jeune schizophrène, ayant entendu des voix dans sa tête lui donner l'ordre de fuir. Ces voix, symptômes de sa maladie, lui auraient-elles sauvé la vie ?
Hanté par ce nouveau traumatisme, il lui devient vital de retrouver son psy officiant dans la tour effondrée. Une rapide recherche sur les listings sur les lieux de la catastrophe l'enfonce un peu plus dans son mal. Le cabinet médical n'aurait jamais existé. Tout ceci est-il le fruit de son cerveau malade ? Alors pourquoi est-il traqué par des hommes qu'il ne semble pas connaître ? Une nouvelle obsession l'accapare alors : recouvrer la mémoire, quitte à en perdre son âme.
 
Sujet épineux que celui des maladies mentales. Le lecteur se transpose dès la troisième page au personnage de Vigo Ravel. S'interrogeant sur les mêmes questions. Ne comprenant pas les règles du jeu de piste. S'énervant presque devant les interrogations du personnage : Bon t'es schizo ou pas ???! L'impatience devient rapidement palpable forçant encore une fois à engloutir les pages pour découvrir quel mystère se cache derrière la maladie, si maladie il y a... Au fur et à mesure de la lecture, le doute s'insinue laissant petit à petit la place à l'effroi face à l'énormité des révélations ; pour finir par une interrogation : et si c'était vrai ? qui fait froid dans le dos... !
Henri Loevenbruck a décidément l'art de magner les rebondissements et sait indéniablement tenir son lectorat en haleine. La première partie, quoique dérangeante, pousse le lecteur dans ses retranchements, le forçant à se poser moult questions, l'amenant à développer sa propre réflexion, lui laissant toujours ce petit doute sur la véracité de ses écrits. Ne dit-on pas qu'entre le réel et la fiction il n'y  a qu'un pas ? Bien évidemment, si vous pensiez avoir trouvé la solution, il y a fort à parier qu'il en soit tout autrement !
29 mai

Le testament des siècles

de Henri Loevenbruck
 
Damien, scénariste de séries TV aux USA, n'a pas foulé les pavés parisiens depuis plus de 10 ans. La mort de son père, avec lequel il n'avait plus de contact, l'oblige à regagner le territoire français pour régler la succession, une histoire de quelques jours. Mais la découverte de la dernière passion de son père va l'entraîner malgré lui dans une quête où se mêlent isotérisme, guerre de religion et pouvoir.
 
Le testament des siècles fait penser par bien des aspects au Da vinci code de Dan Brown. Le lecteur y trouvera des similitudes frappantes autant par les personnages que par les intrigues. Plus romancé, l'enquête sur la vérité ne s'appuit pas sur des preuves que tout à chacun peut suivre et vérifier ce qui explique peut être, cette fois-ci, le silence des hauts représentants de l'Eglise lors de la parution. Car il faut bien l'avouer les secrets autour de la bibliothèque du Vatican, sa police secrète développent l'imagination. Nous mordons facilement à l'hameçon dès qu'un auteur nous propose de démêler quelques ficelles de cette vaste toile d'araignée qu'est l'origine de la religion chrétienne. Néanmoins, l'intrigue est un appât, l'art de maintenir le lecteur en haleine en est un autre, et Henri Loevenbruck n'a rien à envier à son confrère susnommé. Son personnage principal, Damien, nous devient très vite sympathique et attachant par sa simplicité et sa naïveté, s'embarquant dans une histoire qui le dépasse totalement. En résumé, il est difficile de laisser l'enquête en plan une fois les premières pages dévorées. Chaque fin de chapitre entraîne une interrogation qu'il nous tarde, nous autres lecteurs curieux, d'en connaître la réponse !
23 mai

Une vie

de Simone Veil
 
Née Simone Jacob, cette icône de la scène politique française se raconte depuis sa petite enfance heureuse dans le sud de la France  autour d'une famille unie et aimante jusqu'à son engagement dans le parlement européen, en passant par sa déportation à Auschwitz et les divers postes occupés au sein des gouvernements successifs depuis de Gaulle.
 
Amateur de révélations assassines et inédites passez votre chemin. Simone Veil se raconte, certes, mais de façon administrative. Vous avez plus l'impression de lire son curriculum vitae que son journal intime ! 80 ans de vie plus que remplie et accomplie tenant sur un peu plus de 300 pages tient d'avantage du résumé de vie... Cependant elle reste égale à l'image que vous vous faites de ce personnage au caractère bien trempé. Sa plume est claire et précise. Ne pratiquant pas la langue de bois, elle nous rappelle l'essentiel sans nous noyer dans les détails politiques qui, personnellement, vous auraient sûrement très vite saoulé !
Une bonne et peut-être nécessaire piqûre de rappel pour ne pas oublier ce pour quoi elle s'est toujours battue : la shoah, l'IVG et l'Europe.
 
Il est des femmes qui ont su marquer le temps. Simone Veil en fait indéniablement parti !