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19 novembre Le concert de Radu Mihaileanu Andreï Filipov, avant de se retrouver homme à tout faire et de récurer les bureaux du théâtre de l'orchestre du Bolchoï, était l'un des plus grands maestros que le 20ème siècle ait connu. Son arrestation au cœur de Moscou, dans les années 80, en pleine représentation du concerto pour violon de Tchaikovsky a brisé sa carrière et mis sa vie entre parenthèse ; jusqu'au jour où un fax demandant au Bolchoï de bien vouloir donner une représentation au théâtre du Chatelet à Paris tombe entre ses mains au lieu de celles du directeur en place. Conscient qu'une telle chance de pouvoir remonter sur scène et de diriger à nouveau un orchestre ne se reproduira sans doute pas, il dérobe le fax et décide de relancer la machine : retrouver l'impresario, négocier le contrat, choisir les morceaux, retrouver les musiciens, sortir de Russie... le tout, en faisant passer son équipe de bras cassés pour l'actuel célèbre orchestre moscovite. ![]() Moi, vouloir s'envoler vers ciel avec musiciens et avec public explique Filipov interprété par un Aleksey Guskov touchant à une Mélanie Laurent étonnante dans le rôle d'Anne-Marie Jacquet, célèbre violoniste française qui s'interroge sur le choix de Tchaikovsky pour l'unique représentation parisienne du Bolchoï. Et ça marche ! Le spectateur se laisse bercer par ce film orchestré à la manière d'une symphonie. Tout commence en douceur, dans un Moscou où les militants communistes se font rares. Le ton monte crescendo et les frissons avec. L'atmosphère se détend par touche avec des notes d'humour parsemées par-ci par-là, histoire de doser les plaisirs jusqu'à l'explosion finale lors du concert. Au cours d'une interview télévisée, lors de la promotion du film, Mélanie Laurent expliquait qu'elle s'était évanouie lors du tournage de la scène du solo de violon durant le concert vu l'état de transe qui régnait sur le plateau. Vous doutiez un peu de son raisonnement jusqu'au moment où vous avez senti votre visage inondé de larmes. Vous n'êtes pourtant pas ce qu'on peut appeler une adepte de musique classique, loin de là. Votre univers musical est plus proche de Kurt Cobain que de Beethoven. Et pourtant, Tchaikovsky vous a eu ! Qui sera le prochain sur sa liste ? 26 octobre Mères et filles de Julie Lopes-Curval Audrey travaille au Canada. En visite plus ou moins surprise à ses parents en France, en Gironde, elle décide d'investir la maison de son grand-père maternel pour y trouver le calme dont elle a besoin et s'éloigner des conflits toujours sous-jacents avec sa mère, Martine. Elle était loin d'imaginer, en emménageant dans cette grande maison vide, de retrouver le fantôme de sa grand-mère, Louise, qui avait quitté le confort du foyer conjugal dans les années 50, laissant derrière elle mari et enfants pour refaire sa vie. Véritable scandale pour l'époque. Audrey cherche alors à comprendre le choix de cette grand-mère dont l'évocation déclenche une réaction de fermeture de la part de Martine, qui a grandi dans la honte et le traumatisme de ce départ. ![]() 3 générations de femme se confondent : Louise, la grand-mère, que la soif d'indépendance asphyxie petit à petit, décide alors de tout plaquer pour exister enfin par elle-même, Martine, la mère, prototype de la femme libérée du joug de son mari comblant sans le savoir tous les souhaits de sa mère et Audrey, la petite-fille, qui, comme beaucoup de trentenaire des années 2000, est peut-être libérée mais complètement paumée. Julie Lopes-Curval dépeint une réalité que les jeunes générations de femme ont tendance à oublier : leur émancipation n'a qu'une petite quarantaine d'années... et n'a pas été une chose aisée à obtenir ! Quoi de plus naturel aujourd'hui que la gent féminine ouvre son propre compte bancaire sans passer par l'autorité masculine et de le vider quand bon lui semble sans que l'homme de la maison en soit systématiquement averti ? Passer à l'acte à cette époque où le qu'en dira-t-on est une religion avait de quoi traumatiser une famille. Et ce, sur plusieurs générations. Le départ de Louise a entraîné un malêtre chez Martine. Son refus de comprendre les raisons de sa mère en fait une femme froide et distante envers sa fille, dans l'incapacité de lui exprimer ses sentiments, entrainant un malêtre chez Audrey... Une chaîne sans fin ? 23 septembre L'affaire Farewell #2Ne faisant pas partie de la grande confrérie des influentes, vous avez néanmoins reçu votre première invitation pour participer à l'avant-première d'un film comme une jeune communiante reçoit l'hostie sacrée pour la première fois. L'air béat. C'est donc la rencontre avec le réalisateur Christian Carion venu présenté son dernier film, L'affaire Farewell, qui vous a permis de faire vos premières armes... Et quelle rencontre ! ![]() Bon, vous passerez sur les people présents, les petits fours, tout ça. Ca intéresse vraiment quelqu'un ? Nan. Et puis de toute façon, rien de tout ça n'était présent. Alors, après quelques secondes de silence pesant, une première main se lève, une question est posée s'en suit une avalanche d'infos plus croustillantes les unes que les autres que vous vous empressez donc de rapporter :
Voilà, voilà. En espérant que ces quelques explications rendent le film plus compréhensible. Sur ce, bonne toile ! 22 septembre L'affaire Farewell #1 de Christian Carion Pierre Froment, marié deux enfants, est ingénieur chez Thomson basé à Moscou. Sa vie tranquille et rangée auprès de sa famille trouve un peu de piquant lorsque son supérieur le charge, en gage de service, de délivrer un message provenant des services secrets français à un certain Sergueï Grigoriev, colonel du KGB. Il ne se doute pas alors de l'importance de cette entrevue. Celle-ci en entraînant une autre, il devient malgré lui une pièce maîtresse dans l'affaire qui contribuera à faire tomber, entre autre, le mur de Berlin. ![]() Christian Carion, par ce film, nous dévoile un pan de notre histoire. Qui se souvient d'avoir entendu parler de cette affaire au début des années 80 ? Où tout au moins de l'avoir étudiée à l'école ? Quelle soit secrète en son temps est compréhensible mais attendre bientôt 30 ans pour découvrir bouche bée la part de responsabilité de notre pays dans une guerre entre deux monstres, et de surcroît par le biais du cinéma, a de quoi effrayé... La mettre en scène, et sur le devant qui plus est, est osé. Quoique la plupart des protagonistes ont disparus de nos jours... Il faut alors trouver les acteurs qui accepteront de participer à cette aventure peu commune. Pas simple d'incarner un président français, son homologue américain et un colonel russe... tout en sachant qu'il ne s'agit pas d'une fiction mais d'une page décisive de l'Histoire. Si en France nous découvrons cette affaire avec de grands yeux, qu'en sera-t-il des USA où bien sûr dans toute mémoire d'américain qui se respecte, seul Reagan, comme dans ses films, est le sauveur du monde ? Quand aux russes, il est fort à parier que celui-ci ne passera jamais la frontière... Il faut alors souligner le courage des acteurs qui ont su relever ce défit, porter leur personnage et nous foutre une claque dans la tronche en nous expliquant : voilà comment ça c'est probablement passé. Probablement. Parce qu'avec le KGB, et les autres, tout est probable et rien n'est jamais sûr... Ah bah ça nous change des once uppon a time... ! Mais comme disait Maurice : la vie n'est pas une long fleuve tranquille, maman... Il va sans dire que le réalisateur n'a pas trouvé tracée devant lui une voie royale pour réaliser son film. J'ai eu la chance de pouvoir assister à une avant première et de le rencontrer lors d'un débat après la projection. Dire que j'ai été scotchée n'est rien. Et le compte rendu ? Et bien il fera l'objet d'un prochain billet qui, je l'espère, éclairera bien des lanternes ;) ! 2 août The reader de Stephen Daldry 1958, Berlin ouest. Michael Berg, un jeune lycéen, rencontre une femme de 20 ans son aînée : Hanna Schmitz. Rapidement, ils deviennent amants et entament une liaison secrète et passionnelle. Durant des mois, celle-ci s'articule autour d'un rituel quotidien rigoureux : il lui fait la lecture, elle l'initie aux jeux de l'amour jusqu'au jour où cette femme énigmatique et imprévisible disparaît aussi brutalement de sa vie qu'elle y est entrée. Il lui faudra attendre 8 années pour que le voile se lève sur le mystère Hanna lors d'un procès de criminels de guerre auquel Michael participe en tant qu'étudiant en droit. ![]() Emouvant. Ce film est émouvant malgré un sujet difficile. Bien que l'histoire ait du mal à démarrer, le spectateur se place vite dans la position de Michael en attente de comprendre pourquoi tant de silence, de non-dit, d'actes de barbarie. Tout comme lui, il se désole face à la bêtise humaine. Bêtise engendrée ici par l'ignorance comme dans la plupart des cas d'ailleurs... L'ignorance menant aux situations que l'on connaît. Situations d'hier comme d'aujourd'hui. Tout comme lui, son esprit est tiraillé entre ses sentiments et la morale. Les voix de la morale le pousse à se taire, celles des sentiments à écouter son cœur, le tout face à une femme retranchée, laissant transpirer aucunes émotions, se murant dans sa bêtise remarquablement interprétée par une Kate Winslet incroyablement belle de froideur. Ses partenaires n'ont, quant à eux, rien à lui envier. Le jeune David Kross et Ralph Fiennes endossent tour à tour le personnage de Michael, illustrant justement les marques indélébiles que la rencontre d'une telle femme laissent sur son passage. 29 juillet Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) de Ivan Calbérac Léa, 12 ans et demi, voit sa rentrée en 5ème un peu chamboulée. Cette nouvelle année scolaire est marquée par le divorce de ses parents et la garde alternée que doivent subir les enfants : une semaine chez papa, une semaine chez maman. Loin d'accueillir la nouvelle avec le sourire, Léa essaie de faire front face aux angoisses de son petit frère, les problèmes financiers de son père et la semi dépression de sa mère jusqu'au jour où un ballon de basket va révolutionner son existence d'ado. ![]() Mouais. Comédie française des jours de pluie d'été. L'histoire, quoique usée, reste agréable et sans surprise. L'originalité résidant peut-être dans la voix off de Léa, narratrice des vies et des humeurs familiales : une mère paumée après avoir demandé le divorce suite au libertinage du père, un père en pleine crise de la quarantaine se coltinant une petite jeune, une grand-mère complètement loufoque, un petit frère surdoué, une meilleure copine délurée, et une narratrice entrant dans l'adolescence et par conséquent dans les histoires de cœur en flashant sur un 3ème... Tout spectateur né avant les années 80 ne sera pas sans faire un rapprochement évident avec un certain film qui avait révolutionné le genre à son époque : La boum ! Une preuve ? Vic devient Léa, Pénélope/Chloé, Mathieu/Hugo, Poupette/Nicole, Françoise/Marjorie, François/François (gné !), Lehman/Jérome, Vanessa/Pauline. Cette révélation renforce cette désagréable impression de copié/collé à la sauce 2009. Décevant ? Nan, mais lorsque vous connaissez par cœur l'original jusqu'à pouvoir réciter les dialogues, il est impossible d'adhérer complètement à cette nouvelle version... CQFD. Un point positif tout de même ? Oui, les musiques topissimes :) 18 juillet Le Hérisson de Mona Hachache Paloma, du haut de ses 11 ans, analyse avec justesse le monde d'adulte qui l'entoure et arrive à une conclusion somme toute très simple et réaliste : quelque soit l'âge et le statut social d'un adulte, celui-ci se trouve dans un bocal et se cogne indéniablement et constamment contre sa paroi. Refusant cette fatale issue, elle décide donc de s'en affranchir en planifiant son suicide dans exactement 165 jours. En attendant la date fatidique, elle décide de filmer le monde qui l'entoure dont fait partie Renée, la concierge de l'immeuble. ![]() Le monde que nous dépeint Mona Hachache à travers les yeux remplis d'intelligence de Paloma est juste et décodé. Nous prouvant que non seulement en vieillissant nous nous enfermons effectivement dans un bocal mais perdons cette faculté qu'ont les enfants de lire dans les êtres comme dans un livre ouvert, nous enfermant à tout jamais derrière nos œillères, nos voiles et nos préjugés. Qu'est-ce qu'une concierge après tout ? Une personne gardienne de tous les potins de l'immeuble dont elle garde le trousseau de clés et qui lessive le hall d'entrée ! Ce résumé réducteur nous empêche de nous pencher sur l'être humain qui se cache derrière cette étiquette. Paloma nous guide et nous prépare à rencontrer le vrai visage de la femme qui se trouve effacée derrière la concierge de son immeuble chic parisien merveilleusement interprétée par une Josiane Balasko touchante, qui se révèle devant nous telle une fleur s'épanouissant au petit jour. Très beau message de sagesse et d'humilité qui nous pousse à réfléchir sur le regard que nous portons sur nos congénères hérissons dont nous croyons partager le quotidien sans nous poser la moindre question sur ce qu'ils peuvent bien se révéler être réellement... 19 juin Terminator, renaissance de McG 2013, Marcus Wright, juste avant de parcourir pour la dernière fois le couloir de la mort, accepte de donner son corps à la science. 2018, il se réveille au milieu d'un chaos sans nom dû à la prise de contrôle de la planète par les machines (1). Depuis lors, traqués, cachés, les humains essaient de survivre à l'oppresseur en lui opposant une résistance active. Perdu dans ce nouveau monde, Marcus trouve protection au près de Kyle Reese (2), un jeune résistant en partance sur les traces de John Connor, le chef des résistants (3), pour l'ultime assaut : la destruction du centre névralgique des machines, Skynet. ![]() Spectateurs non avertis, fuyez !!! Ca devient d'un compliqué... Toute personne n'ayant pas suivi un minimum les 3 précédents épisodes doit être très probablement complètement larguée dès les 5 premières minutes. Aucune explication au préalable n'est donnée. Spectateur à toi de raccrocher les wagons, de bien te tenir à ton siège et c'est parti pour le grand 8 des effets spéciaux ! Des machines de plus en plus sophistiquées en veux-tu, en voilà, des batailles de Titan, des coups de feu dans tous les coins. Des bing, des bang, des boums ! A force de faire des bonds de 20 cm toutes les 10 minutes sur votre siège, vous vous êtes demandée s'il n'était pas équipé d'un ressort ! Par contre, amoureux du genre, on se régale !!! Ce dernier volet de la saga Terminator se rapproche plus du phénomène Matrix de part son histoire et ses effets spéciaux. Quant aux nostalgiques des précédents épisodes, ils se trouvent un peu déboussolés par tant de violence et manque de diversité dans le scénario. Quoiqu'il en soit, ces deux catégories de genre se retrouveront très probablement dans la même salle à la sortie du 5ème ;) (1) : Terminator, le soulèvement des machines (2) : Terminator (3) : Terminator, le jugement dernier 6 mai Boy A de John Crowley Un jeune garçon est jugé sous le pseudonyme de boy A. Quelques années plus tard, après avoir purgé sa lourde peine, c'est sous le nom de Jack qu'il quitte la prison qui l'a vu grandir et évoluer. Jack. Jack, un nouveau prénom pour une nouvelle vie. Une vie de réinsertion où la hantise que son passé le rattrape, l'empêche de savourer pleinement sa liberté nouvelle. ![]() 27 mars La journée de la jupede Jean-Paul Lilienfeld Sonia, professeur de français dans une ZEP de la banlieue parisienne, est exaspérée par l'indifférence et le j'en-foutisme général de son auditoire. Lors d'un de ses cours, le sac d'un élève s'ouvre à ses pieds, lui découvrant une arme à feu. Elle perd alors les pédales, et d'un geste inconsidéré s'empare de l'arme, la pointe sur ses élèves, les prenant ainsi en otages. Le point de non-retour est atteint. ![]() Outch ! Filmé en huit clos, la journée de la jupe prend littéralement aux tripes ! Ouais. Rien que ça ! Loin d'être commercial, ce film est tout simplement humain. Alors il peut gratter certains, en déranger d'autres, piquer les concernés, émouvoir les plus sensibles, révolter les moins passifs,
désoler les femmes, faire ricaner les imbéciles, mais ne peut certainement pas laisser indifférent... Il est juste improbable de
rester sans réaction devant la justesse des réalités des lycéens des banlieues et de leurs professeurs remarquablement interprétés par des jeunes prometteurs et la folie d'Adjani. Pourtant le pari était loin d'être gagné aux vues des difficultés qu'a rencontrées le producteur pour trouver les fonds. Car il n'est pas évident de convaincre en mettant en avant un tel sujet de société sans heurter
les sensibilités tout en restant juste et objectif. Comment aborder le quotidien des professeurs, les obscurs codes d'appartenance à un gang, la bêtise des caïds arborant trois poils au menton, et surtout les difficultés d'être une jeune fille aujourd'hui dans certains coins de France sans tomber dans le mélo ? La facilité aurait été de parodier Ecrire pour exister. Mais voilà, nous ne sommes pas à Hollywood et Jean-Paul Lilienfeld a préféré la violence pour marquer les esprits. Certaines poubelles ont quelques fois bien besoin de recevoir un coup de pied ! 14 février Un barrage contre le Pacifiquede Rithy Panh Indochine, 1931. Veuve et malade, la mère de Joseph et de Suzanne fait survivre tant bien que mal sa famille en exploitant une rizière annuellement inondée par le Pacifique, réduisant à néant la récolte et de ce fait la perspective de laisser à ses enfants un avenir confortable. N'étant pas propriétaire, elle se voit irrémédiablement refuser tous crédits par les banques pour mener à bien l'ultime solution pour combattre ce fléau : ériger un barrage. Une réponse immorale pour trouver des fonds se présente alors en la personne de Monsieur Jo, riche chinois et amoureux transi de la jeune Suzanne.
L'Indochine de Wargnier a laissé croire que tout expat' en terres indochinoises vivait en seigneur et maître sur des exploitations fructueuses. Marguerite Duras remet les pendules à l'heure en nous montrant les difficultés qu'ont pu rencontrer certains face à la rigide et véreuse administration française. La loi du plus offrant n'est décidément pas une invention du nouveau millénaire... L'époque indochinoise fait tout de suite moins rêver ! Pourtant, le spectateur ne peut s'empêcher de se laisser porter à des kilomètres de son siège devant les paysages magnifiques que nous offre Rithy Panh. S'insurger contre les représentants du cadastre, véritables vautours attendant que le dernier souffle s'échappe. S'émouvoir face à la détresse de la mère hésitant entre la tentation de percevoir l'argent facile que pourrait lui rapporter sa fille et le dégoût que cette possible transaction lui inspire. S'attendrir devant les minauderies et les caprices de Suzanne. La liste peut être longue. Très longue. Tout comme ce film qui avance au rythme des tropiques et nous laisse un goût amer sur des modes de vie qui n'ont malheureusement pas disparu avec les colonies. 15 janvier De l'autre côté du litde Pascale Pouzadoux Arianne, vendeuse de bijoux fantaisie à domicile, mariée, 2 enfants, un chantier de maison sur les bras se sent à l'étroit dans son rôle de mère et de femme. Croyant trouver un réconfort auprès d'Hugo, son époux, chef d'entreprise, atteint de réunionnites aiguës à pas d'heure et adepte des repas d'affaire, elle lui confit son malaise. Mais la situation n'est guère meilleure du côté de l'homme de la famille. Pour sortir de cette situation et redonner du piment à leurs vies, elle lui propose alors un deal : échanger leur rôle durant une année.
Tiré du roman d'Alix Girod de l'Ain, la version cinématographique n'amuse que moyennement. Elle sait déclencher des sourires, oui. Mais voir un ex-PDG au volant d'une Fiat 500 rose bonbon avec un téléphone customisé Hello Kitty collé à l'oreille a de quoi faire rire, nan ? Bien. Imaginons maintenant cette scène avec Danny Boon et son éternel air hébété... Voilà où le bât blesse. Quitte à être dans le stéréotype de la place de l'homme et de la femme dans la société, autant pousser le rôle masculin à l'extrême avec un emblème du "mec, le vrai" comme un Richard Berry et non un coeur tendre comme Danny. Dommage...
Bon, il faut dire qu'à la base vous étiez partie pour voir Un barrage contre le pacifique... Alors bon, se retrouver entourée de petits anciens se croyant dans leur salon alors que vous auriez dû rêvasser devant les paysages magnifiques de l'ex Indochine ne vous permet pas non plus d'être complètement objective ! Ceci dit, de brefs instants Nutella ont aidé à passablement vous dérider ;) 2 janvier Australiade Baz Luhrmann Sarah Ashlay, riche anglaise, décide de rejoindre son mari exilé dans leur ranch australien de Faraway Downs. Ce qui l'attend à son débarquement dépasse tout entendement pour une lady de son acabit : une exploitation en ruine au milieu de nul part, des aborigènes en guise d'employé, un régisseur félon, un mari décédé, un livre des comptes à la dérive, etc. Il ne semble lui rester qu'une seule alternative : vendre... au plus grand contentement du plus gros exploitant de bétail bovin du pays, seul acquéreur. Pourtant, avec l'aide d'un cowboy indépendant, le "drover", elle décide de mener à bien le dernier projet de son défunt mari : convoyer à Darwin 1500 têtes de bétail et contrecarrer ainsi les projets de monopole du king Carney.
A mi chemin entre le conte et le western, Australia est la comédie romantique des fêtes de fin d'année par excellence. Si le déroulement et la fin sont sans surprise, les fleurs bleues que nous sommes marchent à fond. A fond dans la love story inévitable sur fond de chabadabada. A fond sur la bonne bouille du petit Nullah qui en fera craquer plus d'une. A fond sur les paysages grandioses et envoûtants de l'Australie. A fond pour la cause aborigène qui est subtilement distillée. A fond pour la BO qui vous trotte dans la tête longtemps après. ♫ Somewheeeere, over the rainbow... ♫♫ Pourtant, malgré ce cocktail gagnant, une petit bémol se profile tout de même. La longueur... Autant la première partie enchante, autant la deuxième est un peu plus dénuée d'intérêt. Dommage que l'histoire s'éternise. Vous auriez bien vu le mot fin sur le long baisé, sous la pluie, des deux héroïnes. Raaaaah, l'indécrottable coeur d'artichaut que vous êtes !
22 décembre Largo Winchtiré de la série BD du même nom, réalisé par Jérôme Salle Le puissant groupe industriel Winch perd sa tête : Nerio Winch, 5ème fortune mondiale et actionnaire majoritaire. La disparition brutale et suspecte de cet homme influent déstabilise la holding et amorce la guerre de succession. Cependant, Nerio Winch ne laissera pas l'auteur de son passage de vie à trépas s'en tirer à si bon compte. Sa dernière carte du jeu : un fils adoptif caché, Largo, héritier de son immense fortune et de son empire. Mis dans la lumière, Largo est à son tour dans la ligne de mire du commanditaire du meurtre de son père.
Tiré de la BD éponyme, il s'agit là d'une adaptation. Soyons précis. Que les puristes soient prévenus car dès la première scène le bédéphile averti est complètement déstabilisé. Si l'histoire dans ses grandes lignes est respectée, les lieux et le contexte sont à la merci de la fantaisie du réalisateur. A la bonne heure ! Actions, courses poursuites, combats, bras de fer, torses musclés et jolie fille... les ingrédients sont réunis pour nous scotcher au fauteuil pendant 2 heures au beau milieu d'une faune d'hormones mâles ! Ouvrez la parenthèse - Parce que bon, le public qui vous entoure est à forte majorité masculine... et tout juste pubère ! Vous passerez sur les scronch scronch des pop-corn engloutis, les pfrrrriiittt des paquets de M&M's froissés et des gloussements gutturaux étouffés dès qu'un téton ou 2 cm² de peau de fesse féminins apparaissent à l'écran - Fermez la parenthèse. Heureusement le sourire charmeur, limite insolent de Tomer Sisley vous incite à faire abstraction des désagréments sonores qui vous entourent. Les images de la côte croate, quant à elles, vous invitent à goûter à la sérénité des lieux qu'elle inspire. Vous en redemandez ! Qu'à cela ne tienne puisque qu'un deuxième volet est en tournage. Aaaaaah !!! 17 octobre Clientede Josiane Balasko Judith, la cinquantaine, divorcée sans enfants, entretient sa libido dans les bras de jeunes gigolos trouvés sur un site internet. Ils baisent. Elle paye. Il disparaît. Pas de sentiment, juste du bon temps ; ce qui choque sa soeur Irène qui, bien qu'ayant passé l'âge, croit toujours au prince charmant. Patrick est un de ses amants d'un jour. Patrick de 2 à 7, redevient Marco le reste du temps. Marco éperdument amoureux de sa jeune femme Fanny...
Difficile de rester de marbre devant ces faits de société : l'amour et l'argent. Le sujet est peut-être tabou. Les grenouilles de bénitier crieront peut-être au scandale. Pourtant nous sommes tous aux prises du mot besoin qu'il s'agisse d'amour ou bien d'argent, que l'on doive payer pour satisfaire le premier ou se prostituer pour obtenir le second. Josiane Balasko a remarquablement su retranscrire avec toute la pudeur et le trait d'humour la caractérisant, la palette de situation que le combiné amour/argent peut engendrer. Ses personnages nous touchent et jouent sur la vague de l'émotivité poussant même le vice à nous amener à l'attendrissement face à Patrick/Marco. Le comble pour nous autres les femmes ! 7 septembre Les citronniersde Eran Riklis
Le personnage de Salma devient vite attachant par sa simplicité et son courage. Bien que n'étant pas le sujet principal, les difficultés d'être une femme seule et palestinienne de surcroît sont relatées sans violence mais avec fermeté par les scénaristes comme un père, un époux, un frère, un fils, un voisin, un ami, un homme de la communauté peut le faire. La femme ne s'appartient pas. Impensable pour nous autres européennes, tout comme il nous est difficile d'envisager la montagne qu'elle doit escalader pour défendre ce qui lui permet de manger. Le simple fait de ne pas comprendre la langue dans laquelle la missive ministérielle lui est adressée, devoir affronter les regards réprobateurs des tous les hommes présents lorsqu'elle entre dans un café, subir les menaces et l'humiliation des siens pour 3 citrons. Pourtant, elle gardera toujours la tête haute où tous peuvent lire la fierté sur son visage. Cependant, dans son combat contre les hommes, elle trouvera une alliée improbable dans la personne de la femme du ministre... En y réfléchissant, quoi de moins étonnant ? Les guerres et les conquêtes sont les terrains favoris des hommes ce qui dépassent complètement le sexe opposé. De là à dire que le monde ne s'en porterait pas plus mal s'il était dirigé par le sexe faible, il n'y a peut être qu'un pas... Pour info (Allociné), Les citronniers a reçu le prix public 2008 lors du festival du film de Berlin dans le cadre de la section Panorama. 19 août Le premier jour du reste de ta viede Remi Bezancon
Robert et Marie-Jeanne forment, avec leurs 3 enfants Albert, Raphaël et Fleur, une famille de français moyens. Chacun d'eux voient leur vie s'orienter le jour où une décision plus importante que les autres fait de ce celui-ci le premier du reste de chacune de leur vie.
Emouvant... Ce que vous projette la pellicule n'est pas seulement des morceaux de vie de tout à chacun mais des brides de ce que peut être la vôtre, remarquablement jouer par des acteurs tous aussi remarquables. Enfant des années 70/80, chaque détails vous ramènent dans votre propre passé : une air musical, un style vestimentaire, un comportement... qui vous ont construite telle que vous êtes aujourd'hui. Une décision, minime soit elle, peut tout faire basculer et faire de ce jour le premier du reste de notre vie... Vous n'avez pu vous empêcher de verser votre larme tout au long du film. Bien que vous avez essayé de la sécher vite fait sans vous barbouiller le visage avant que les lumières ne se rallument, vous sentez bien que vous ne ressortez pas indemne de cette séance. La rage de ne pas passer à côté des moments essentiels au ventre, vivre chaque instant comme étant le dernier. Ne pas passer à côté de sa vie. Tout simplement... 25 juin Sex and the city, le filmde Michael Patrick King Carrie Bradshaw, la célibataire la plus connue du tout New York branchouille, se fait enfin passer la bague au doigt. Après 15 ruptures et autant de réconciliations, Big, l'homme partageant ses nuits, se décide à la demander en mariage. Commence alors les préparatifs pour ce qui devait être une petite cérémonie et devient très vite the place to will be ! Tout est fin prêt. Alors que nos deux tourtereaux s'apprêtent à convoler en juste noce, c'est le moment que Big choisit pour douter...
Vous n'avez absolument pas suivi la série. Seulement vu les 3 premiers épisodes de la saison 1. Houuu siffle le lectorat auquel vous ne répondrez pas. Vous disiez donc, malgré votre méconnaissance des intrigues et des personnages, vous ne vous êtes nullement sentie perdue. Pensez donc ! Ca bavasse sac à main, ça discute mode, ça cause mec, ça confie ses sentiments, ses doutes et ses pleurs... Bref, vous avez l'impression de vous retrouver au milieu de votre cercle de copine. Moins de deux, vous vous seriez retrouvée gloussant en découvrant la robe de conte de fée de Carrie et vous insurgeant face à la goujaterie de Big.
Ce film n'est peut-être pas un grand film mais n'y prétant nullement. Surfant seulement sur la vague actuelle de la reprise au cinéma des séries télé. A voir seule ou entourée de sa meute féminine. Dans un cas comme dans l'autre, il vous vient des envies de restos entre girls only, de soirées pyjamas et de we entre nanas ! Ca tombe bien, tel était le programme de votre we passé ;)
Pssssst ! : pour les facebookeuses, une petite application sympa à ajouter à son profil là. 28 février Parisde Cédric Klapisch Scénar : c'est l'histoire d'un Parisien qui est malade et qui se demande s'il va mourir. Son état lui donne un regard neuf et différent sur tous les gens qu'il croise. Le fait d'envisager la mort met soudainement en valeur la vie, la vie des autres et celle de la ville toute entière.
Des maraîchers, une boulangère, une assistante sociale, un danseur, un architecte, un SDF, un prof de fac, une mannequin, un clandestin camerounais... Tous ces gens, que tout oppose, se retrouvent réunis dans cette ville et dans ce film. Vous pouvez penser qu'ils ne sont pas exceptionnels mais, pour chacun d'entre eux, leur vie est unique. Vous pouvez croire que leurs problèmes sont insignifiants, mais, pour eux, ce sont les plus importants du monde.
Ce que j'en dis : voilà un film français comme on les aime. Belle brochette d'acteurs made in France, diaporama de la plus belle ville du monde, mise en scène de la vie de monsieur tout le monde à travers les yeux d'un jeune dont la sienne de vie est chamboulée par la maladie. Son nouveau passe temps, observer les autres et leurs histoires, change son regard sur les petits bonheurs de tous les jours. Ces petits bonheurs tellement présents que nous finissons immanquablement par ne plus les remarquer, obnubilés que nous sommes par la quête de la lune que Pierrot ne décrochera jamais...
Il faut avouer que les cinéastes français (cocorico) n'ont pas leur pareil pour faire naître les émotions et ouvrir les yeux des spectateurs au travers de situations simples, sans fioritures, sans cascades impressionnantes et de coups de feu à chaque coin de rue. Juste des regards, des sourires, des larmes, des rires et des soupirs. Peut-être parce que chacun se reconnaît forcément dans cette multitude de morceaux de vie... Souhaitons à Paris le même destin que celui d'Amélie Poulain parce qu'il le vaut bien ! 25 février Notre univers impitoyablede Léa Fazer Scénar : pour Margot et Victor, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ils sont beaux, jeunes, cadres dynamiques dans le même cabinet d'avocats d'affaires et surtout, ils filent le parfait amour. Mais rien ne va plus le jour où Nicolas Bervesier, leur patron, est contraint de nommer un nouvel associé pour l'épauler. Uni dans la vie, le couple se retrouve bien malgré en concurrence frontale. Bienvenue dans un monde impitoyable : celui du travail et de ses dommages collatéraux...
Ce que j'en dis : à partir de là, l'auteur peut s'amuser à broder. 2 hommes, 1 femme, 3 possibilités. Ca vous rappelle quelque chose ? A moi aussi... Bien que cette fois-ci, l'histoire se concentre sur le monde du travail et de ses conséquentes sur un couple. Mais fatalement, nous arrivons aux mêmes conclusions.
L'idée de base est plutôt sympa : que se serait-il passé si... Comme l'on dit, avec des si, Paris serait mis en bouteille ! Pourtant, refaire le monde finit par lasser assez vite surtout lorsque les dés son pipés. Les issues sont malheureusement assez formatées et les clichés plus que présents. C'est assez affligent qu'au 21ème siècle, dans un pays qui se dit civilisé, un réalisateur, de sexe féminin de surcroit, fasse attérir irrémédiablement la secrétaire, la jupe en l'air, sur le capot de la photocopieuse alors que la femme bafouée est bien entendue une mère au foyer. Léa Fazer nous épargnera-t-elle l'incontournable promotion canapé ? Le suspens en devient insoutenable ! Dans tous les cas, la réussite féminine n'est soumise qu'à la faculté à promouvoir ses compétences en partie de jambes en l'air plutôt qu'à ses compétences intellectuelles. Pathétique... Cela mis à part, j'ai adoré les seconds rôles ;) ! |
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