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15 septembre

Chicago, the musical

de Bob Fosse et Fred Ebb

Vous ne pouviez décemment séjourner à NYC et ne pas vous faire un petit spectacle sur Brodway. Ca ne se fait pas. Nan, pas se fait. Pourtant, vous avez bien failli faire demi-tour devant la longueur de la queue stagnant en face du TKTS (1). On r'viendra plus tard, ça me saoule ! ronchonne un de vos acolytes en bon français qui se respecte. Vous faîtes fi de sa frenchitude et moins de dix minutes plus tard (comme quoi...), vous empochez votre précieux sésame pour Chicago ! Yeaaaah !!!



Confortablement installée dans votre fauteuil, vous attendez avec l'impatience caractéristique des 3-5 ans que le lourd rideau de l'Ambassador Theater se lève vous révélant une scène dépourvue de tout décor, où trône au beau milieu, l'orchestre laissant qu'un tout petit espace pour les comédiens sur le devant. Pas commun. Bon... Ladies and gentlemans, you're about to see the story of murders, greed, corruption, violence, exploitation, adultery and treachery ; all those things we all hold near and dear to our hearts... vous déclame en guise d'introduction un grand black baraqué. Vu la concentration dont vous avez dû faire preuve pour comprendre cette simple phrase, vous pressentez que vous n'allez pas tout capter... Les premiers rires de l'auditoire s'élevant au moment où Roxy s'enfuit après avoir annoncé I need to pee vous conforte dans vos craintes ! Vous n'avez rien compris...

Vous suivez donc tant bien que mal l'histoire de Roxy, qui après avoir tué son amant se retrouve en prison avec Velma, une célèbre chanteuse de jazz  de Chicago ayant elle-même envoyé dans l'au-delà son mari et sa sœur dont Roxy est une des premières fan. Les deux jeunes femmes vont bénéficier de la défense d'un avocat de renom qui jouera sur la naïveté de la première pour la rendre sympathique et innocente aux yeux des jurés, volant par la même la vedette à la deuxième. Le tout en chansons aux voix toutes en vibrato puissants et en danses aux chorégraphies à la mécanique bien huilée. Le spectacle est plus que rodé. Même si vous ne saisissez pas toutes les subtilités des dialogues, c'est un réel plaisir de voir évoluer ces professionnels de la comédie musicale dans un tel cadre. Pour profiter pleinement du spectacle, peut-être aurait-il été préférable de visionner le film au préalable... A bon entendeur !

Bonus : pour compléter le cliché, vous êtes restée, en groupie, à attendre la sortie des artistes. Surtout la guess star... Jerry Springer (dans le rôle de l'avocat)... ??? ... Mais siiiiiii, c'est le mec qui animait l'émission Jerry Springer Show sur la BBC ! s'exclame votre voisin de groupittute. Jamais entendu parler... C'est un genre de Michel Drucker local quoi... Ah ! Le voilà. Poliment et patiemment, il signe les carnets petit format, petits carreaux tendus devant lui. Il s'avance nonchalamment vers votre petit groupe de français. Son étonnement se lit ouvertement dans son regard devant  les vôtres dépourvus d'étincelles à son approche. Reprenant contenance, il vous lance un rapide Hi ! How are you ? avant de se diriger sans écouter la réponse vers la petite dame au large sourire qui n'attend qu'un paraphe pour la combler de bonheur.



(1) : TKTS est un kiosque permettant d'acheter des billets pour les spectacles sur Broadway à prix réduit. Parce que bon, ils coûtent un peu un bras ces petits moments de plaisir... Présentement, nous avons déboursé par personne 80,50 US$ en liquide avec 40% de réduction sur le prix initial ! TKTS sur Father Duty Square à Times Square, entre Broadway et la 7th av sur la 47th st. Petit conseil, venir dès l'ouverture à 3h00 PM pour le spectacle donné le soir même.
5 avril

La reine blanche


TOU TOU touuu, TOUTOU toutou tou, TOU TOU touuuu, TOUTOU toutou tou. Si tu vaaaaaaaaaaas à RiooooOOO, n'oublie paaas de monter la-haut... qu'il chante Dario Moréno. Bon. D'accord. Vous ne savez pas du tout qui est Dario Moréno. Par contre, Rio, vous visualisez tout à fait. Copacabana, les tongs Havaianas, la cachaça, la samba, les batucadas et autres trucs en a...


C'est aux sons des butacadas, d'ailleurs, que dimanche dernier vous êtes allée à la rencontre de la 62ème reine de Nantes. La reine blanche, ex-reine des blanchisseuses. Celle-là même qui, à la mi-carême, trône sur son char en vous lançant des bonbons, tout sourire, en réponse aux confettis qui volètent autour d'elle. La plus célèbre d'entre elles étant Liliane Legoualoudec. Qui ??? demande le lectorat les yeux grands comme des soucoupes. Maître Capello pourrait lui rétorquer sur son ton monocorde : Liliane Legoualoudec est la reine blanche de Jean-Loup Hubert, film de 1991, merveilleusement interprétée par la grande Catherine. Pas de Russie, Deneuve la Catherine. Ne confondons pas !

Bien. Les présentations étant faites, vous pouvez passer au déroulement des festivités de ce 2ème plus grand carnaval de France. Ah ouais, quand même ! Après vous être faufilée entre les vendeurs ambulants de chichi, chouchou, de langue de belle-mère et confettis et autres ballons Dora et Charlotte aux Fraises, vous voilà nez à nez avec la parade d'une petite trentaine de chars constituant son cortège dont le thème, cette année, est l'air et l'espace. Tous, ils ont tous répondu présents : le cinquième élément Leeloo, le mogwaï Gizmo, la soupe aux choux du Glaude et du Bombé accompagnés de la denrée, les roulements de R2-D2, la théorie de la relativité restreinte d'Albert Einstein, la fusée de la terre à la lune de Jules Verne et vous en passez et des meilleurs... Tout ça ponctué des musiques d'Eric Serra, de Jerry Goldsmith, de Raymond Lefèvre, de John Williams, et cetera, et cetera. La tête dans les étoiles, vous vous émerveillez autant que les mini fées, mini Blanche-Neige et small Dark Vador et Spider-Man qui vous entourent !

Vous ne pouvez quitter des yeux le dernier char tournant à l'angle de la rue d'Orléans emportant avec lui son brouhaha et ses grosses têtes en papier mâché. Un grand vide s'abat tout à coup autour de vous. Une fois rentrée, seuls, les petits bouts de papier multicolores sournoisement planqués dans les replis de votre veste tombant à vos pieds vous font la surprise de prolonger ces bons et simples moments festifs d'un bel après-midi de printemps...



27 novembre

Au théâtre ce soir : Mirad, un garçon de Bosnie

de Ad de Bont par la Cie la nuit venue
 
17h15. Vous recevez un courriel de votre JP à vous : Oh malheur, je ne capte plus France 2 et j'ai un pot entre collègues ! Damned je vais rater Clara... !!! Merde ! Clara Sheller !!! Vous l'aviez complètement oubliée celle-là quand vous avez accepté l'invitation d'un ami pour aller voir ce mercredi soir Mirad, un garçon de Bosnie. 'tain ! Clara quoi !
 

 

Un rapide coup d'oeil au résumé de l'histoire vous promet une soirée pas des plus roses... Un adolescent, une guerre, un viol, des morts, des réfugiés, l'histoire d'une famille éclatée et meurtrie, en somme les blessures d'un pays. Ca, pour vous changer des petits tracas de la frivole Clara, pour sûr, changer ça va !
 
Vous suivez avec attention mais avec détachement cette histoire tant de fois relatée. Cette fois-ci, elle se passe en Bosnie. Mais, elle aurait tout à fait pu se situer au Rwanda, en Somalie, en Corée ou encore en Afghanistan. Les médias vous en rabattent tellement les oreilles que vous entendez bien sûr mais vous n'écoutez plus... jusqu'au moment où l'oncle et la tante de Mirad, réfugiés en France, entrent en scène. En s'excusant. En s'excusant de nous raconter leur histoire. En s'excusant surtout de côtoyer notre quotidien, nos amis et nos voisins. Hein ??? Vous commencez alors seulement à sortir de votre torpeur. La lettre de Mirad finit complètement de vous réveiller lorsque vous comprenez enfin que vous n'avez justement rien compris et que vous ne comprendrez jamais complètement. Car non, vous n'avez jamais connu leur enfer. Car oui, tout ça dépasse l'entendement et votre imagination la plus fertile. Alors oui, vous faites partie de ces millions de privilégiés qui regardent les acteurs avec des yeux remplis de compassion le temps de leur récit et qui rient aux éclats 2 minutes plus tard à la vanne débile du comique de la soirée ayant déjà mis de côté le désarroi de ces pauvres âmes torturées... Vous le savez. Ils le savent. Nous le savons tous. Mais l'entendre par le récit d'un môme de 14 ans ça vous fait un électrochoc... Sensation très désagréable de malaise...
 
Cette pièce est dérangeante. Certes. Dérangeante et tellement nécessaire. Nécessaire pour que nous autres privilégiés nous rendions enfin compte de la chance que nous avons de vivre dans un pays stable politiquement et religieusement parlant. Nécessaire pour que se perpétue la mémoire de ces personnes sacrifiées pour des causes abominables et inconcevables. Nécessaire pour qu'enfin un jour, nous n'ayons plus jamais à dire plus jamais ça...
28 mars

Au théâtre ce soir : Si j'avais su j'aurais fait des chiens !

de Stanislas Cotton, mise en scène de Vincent Goethals
 
Votre engouement pour Vincent Goethals n'est plus à démontrer (pour les mémoires courtes, une piqûre de rappel ici). C'est avec l'impatience d'une fillette devant la machine à barbe à papa que vous attendez le "tamisage" des lumières signe du début du spectacle...
 

Angéline Patatras a 18 ans et passe son Bac. Très bien ! s'exclame Sidonie Patatras, sa mère. Mais à quoi bon s'interroger sur le sens du monde ? La fonction est simple : un balai, une serpillière, un seau d'eau, la crasse des autres, une paye à la fin du mois, de la soupe dans les assiettes ! Et puis quoi encore ? Une culotte de cheval, un carré péroxydé à la Sylvia Fine, des fringues à la Peggy Bundy ? Tout ça pour être une citoyenne très moyenne dont les principales préoccupations sont le ménage, se faire sauter dans tous les coins par son mari et picoler des roteuses. Comme maman ?! La philosophie de ses profs lui a fait lorgner d'autres modèles de vie. Comme papa ? Pénis sur patte, cheveux gras, jogging des années 70, citoyen plus que moyen dont les principales préoccupations sont sa voiture, sauter sa femme dans tous les coins et picoler des roteuses.
 
Silas, l'hériter du nom, a trouvé la solution pour s'extraire à cet avenir désolant en s'isolant dans son monde fait de fumé et d'éléphants roses. Angéline opte pour la rébellion. Avec des interrogations plein la tête, elle quitte la débauche pour la rigueur. Tronque le balai contre un fusil. Echange ses robes à fleurs contre un uniforme kaki. Son seul lien avec son ancienne existence restera l'obéissance...
 
Stanislas Cotton vous avait habituée aux pièces dures et prenantes. Celle-ci ne dérogera pas à la règle. La cruauté fuse. La violence s'exprime. L'horreur des actes s'étale. La prise de conscience s'insinue. Le quotidien de la rue vous éclate en pleine face. L'absence prend tout son sens. L'absence de repère, d'autorité, de vertu, d'éducation. Un ensemble qui forme un tout : la stabilité. Paraît que c'est un théâtre nécessaire, un théâtre qui se veut révélateur, témoin de notre monde. En sortant de là, vous avez alors envie de demander "Allô le monde ! Est-ce que tout va bien ? Allô le monde ! Je n'y comprends plus rien" (Pauline)

10 mars

Les marchines de l'île

 
En descendant du Tram, vous tombez presque nez à nez avec un pachyderme de 45 tonnes. Outch ! Vous n'êtes ni en Afrique (le Tram ne traverse pas encore la brousse), ni en Asie (tiens, notre président n'a pas encore réussi à leur refourguer cette technologie) et encore moins dans un zoo et pourtant vous ne rêvez pas, il y a bien un éléphant qui avance en barrissant le long du quai sur l'île de Nantes... Vous n'êtes aucunement victime d'une hallucination collective mais de la dernière création des papas des machines de la compagnie Royal de Luxe, célèbre dans la région nantaise pour ses spectacles de rue démesurés.
 
Des amoureux du spectacle donc et surtout des créateurs de génie qui vous emmènent tout droit dans le monde imaginaire de Jules Verne en passant par les ateliers de Léonardo Da Vinci. Les portes de leur monde s'entrouvrent, à vous de vous y faufiler !
 
 
Vous pénétrez dans une des nefs qui a longtemps été le berceau de fameux 3 mâts, cargos et autres car-ferries émergeant des mains expertes des ouvriers de Dubigeon. Pendant près de 15 ans, ce haut lieu de la naval est resté sans réel commandant à son bord. Les nefs se sont dans un premier temps reconverties en hangars de stockage et boutiques de dépôt-vente avant de retrouver leurs lettres de noblesse avec l'arrivée de l'équipe de François Delarozière et de Pierre Orefice.
 
Le tourniquet passé, s'offre à vous l'extraordinaire aventure de l'éléphant que vous venez de croiser. Plans, structure métallique du squelette, maquette en bois à l'échelle, essais de pigments pour les couleurs, robotisation et automatisme, tout y est. C'est la caverne d'Ali Baba pour les amoureux de modélisme. Vous ne pouvez vous empêcher d'ouvrir des yeux grands comme des soucoupes devant les heures de travail et de cogitation que représentent un tel projet, et ce pour le plus grand plaisir des grands et des petits ! Le souci du détail et du réalisme est impressionnant. Et pourtant, vous n'êtes pas au bout de vos surprises...
 
Derrière la porte, là, se cachent les autres projets de ces deux fous. N'est-ce pas le qualificatif donné à Da Vinci lorsque ses plans de ce que nous appelons aujourd'hui avions et hélicoptères ont été découverts par l'Eglise inquisitrice ? En pénétrant dans "l'antre aux projets en cours", s'étale sous vos yeux la maquette du futur carrousel des abysses... Haut de 21 mètres et de 20 de diamètre, ce futur carrousel d'un autre genre abritera quelques spécimens régnants sur les noirceurs des eaux profondes de nos océans : calamar géant, raie, poisson pirate (anogoplastère cornuta. A vos souhaits ! Et hop, ça c'est placé ;)) et autre cérate (Hum ? Mais siiii ! vous l'avez vu dans Némo !!). Quelques machines sont déjà opérationnelles. Un machiniste propose à quelques personnes choisies dans le public amassé de tester en avant première une de ces bestioles. Le mécanisme se met lentement en branle. Ce fume, ça grince. Les tentacules ondulent. Les orbites d'un bleu lagon du calamar vous font de l'oeil. Ca drague un calamar ???
 
Vous n'avez pas trop le temps de vous remettre de vos émotions qu'une nouvelle claque s'abat sur votre joue droite. Cette fois-ci, c'est la maquette métallique de l'arbre aux hérons qui s'impose à votre vue. Des bouts de tubes savamment enchevêtrés et soudés les uns aux autres vous révèlent l'armature d'un espèce de baobab qui pourrait faire pâlir l'arbre des robinssons du parc de Disney. Haut de 28 mètres avec une envergure de 45 mètres, il vous sera possible de grimper dans les nombreuses branches afin d'attendre votre tour pour embarquer sur les ailes d'un des deux hérons. Là, c'est en Nils Holgersson que vous vous transformerez. Certes, vous ferez votre baptême d'oiseau sur un héron et non sur une oie mais à ce niveau de détail, vous n'allez tout de même pas chipoter ! En attendant de revivre les aventures des héros des dessins animés de votre enfance, vous pouvez tester votre taux de vertige sur la branche expo/test à la sortie du site. Quoi ? C'est déjà fini ? Il vous faudra attendre 2009 pour l'un et 2011 pour l'autre pour pouvoir rêver grandeur nature...
 
 

 
Les machines de l'île - Les Chantiers, Bd Léon Bureau - 44200 Nantes
Lignes de Tram 1, 2, 3 : arrêt Chantiers Navals
Tarif plein : 6 euros
7 mars

Au théâtre ce soir : Mademoiselle Julie

de August Strindberg, mise en scène de Jacques Vincey
 
 "Mademoiselle Juliette a pas vraiment la tête à, Choisir entre Montégu Capulet,
 Mademoiselle Juliette aimerait faire la fête, Champagne à sabrer coke à décapsuler"
 

A lire le titre de l'affiche, le dernier opus d'Alizée vous trotte systématiquement dans le ciboulot ! Les personnages se ressemblent... un peu. Tout comme Mademoiselle Juliette, Mademoiselle Julie aimerait faire la fête. Et c'est chose faite en ce jour de la Saint Jean à l'occasion de ses feux. Son père, monsieur le comte étant absent, Mademoiselle Julie se dévergonde et ose aller proposer scottish et bourrée à ses gens. N'a-t-on jamais vu ça ? Jean, le valet s'en insurge devant Christine la cuisinière. Mais une fois cette dernière dans les bras de Morphée, l'ami Jean est beaucoup moins à cheval sur les convenances. Surtout lorsque le titre de noblesse de la demoiselle et ses deniers pourraient l'aider à grimper les échelons de l'échelle sociale.
 
Cette pièce est assez dure mêlant les mensonges et les provocations. La mise en scène, quoique très bonne, vous met assez mal à l'aise. Sachant que "Mademoiselle Julie" a été écrit fin du 19ème siècle, il est difficile de comprendre les personnages transposés au 21ème. Qui peut croire de nos jours une fille de bonne famille perdue parce qu'elle aura fauté hors mariage avec un gueux qui plus est ? Ici, l'acte prend tellement d'importance qu'il en devient le centre obsessionnel de l'esprit déjà bien torturé de la mademoiselle. Une espèce de leçon de morale plane également dangereusement au-dessus de tout ce tintouin : récolter ce qui a été semé ; car il faut bien l'avouer, le Jean, la Julie elle l'a quand même bien allumé ! Si de nos jours vous accueillez de telles pratiques avec un haussement de sourcils et un sourire en coin, aux temps de vos arrières grand-mères, le terme n'était même pas répertorié en petit 3 dans le Robert méthodique !
 
Vous ne direz pas que vous n'avez pas aimé car les comédiens ont interprété remarquablement leur rôle. Si le but était de passer des émotions et des états d'esprit tels que la folie naissante, la tartufferie et  l'impassibilité, alors le pari est réussi. Seulement voilà, les trucs un peu compliqués dans la tête, ça n'est pas du vaudeville. Eh ! Et vous, le vaudeville, c'est plutôt votre tasse de thé. Donc pour une bonne tranche de rigolade, on repassera par contre pour un esprit freudien, il y a matière à délayer.
19 février

Parfum d'Est

par la compagnie Rasposo
 
Entrez mes dames et messieurs ! Entrez ! Venez voir lions, éléphants et haute voltige ! L'Auguste attend grands et petits ! Demandez le programme ! Tel est le souvenir du cirque de votre enfance. Avec les années, le cirque, comme bien d'autres choses, a évolué et a su remarquablement s'adapter. Parce que, entre nous soit dit, voir des tigres obéir au doigt et au fouet, il n'y a pas de quoi fouetter un chat...
 

Vous entrez donc sous ce chapiteau à l'allure du début de siècle... dernier. Celui-ci n'est pas très grand mais très accueillant. Vous étouffez un cri lorsque surgit devant votre nez un grand benêt au sourire démesuré qui semble aussi myope qu'une taupe a jugé par les culs de bouteille qui lui servent de verres correcteurs. Mesurant sûrement 2 têtes de plus que vous, vous vous contentez de la fermer et l'assénez d'un ça va pas nan ? uniquement dans votre tête. Vous cherchez une place stratégique alors que vous êtes bonne dernière. Trouvez enfin votre bonheur et êtes fin prête à savourer le spectacle.
 
Des tapis de sol qui ont dû, dans leur jeunesse, être persans jonchent la piste. Près d'une roulotte d'un autre temps, un groupe de musiciens tzigane entame un concert de "zig zig zig ziiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiig" à la Rabbi Jacob. Vous adorez ! Un petit vieux calé dans son fauteuil au beau milieu de la piste semble s'amuser comme un petit fou de ce concert chaleureux. Une gitane s'affaire dans son coin à peler patates, carottes et autres poireaux. Des jeunes gens attendent patiemment dans un coin, se provocant du regard. La seule fille de ce campement de gitans lace avec une lenteur impertinente ses chaussons. Chacun semble se surveiller du coin de l'oeil, attendant que de l'étincelle jaillisse le feu. Tout s'enchaîne alors très vite : cabrioles, voltiges, démonstration de force, d'équilibre et de poésie. Oui, de poésie. Vous retrouvez votre grand benêt en caleçon long d'un autre temps près d'un baquet d'eau fumante que sa maman lui a préparé pour son bain. Il teste la température du bout de son grand pied. Fait le timide et n'ose y pénétrer. S'assoit finalement à la manière d'un enfant. Le baquet entre ses grandes et longues jambes. Les violons se font moins stridents. Votre grand benêt consent à plonger enfin ses grandes mains dans cette eau-jouet, puis les avant-bras. Commence alors une féerie de clapotis d'eau, de cascades et de boules transparentes qu'il fait agilement glisser le long de ses bras en une danse envoûtante. Vous régressez dans votre enfance au fur et à mesure que le jeu s'accélère. Sa dextérité vous émerveille. La magie du moment vous ensorcelle. Vous avez sûrement la bouche ouverte tout comme votre voisin, là, qui lui aussi est tombé sous le charme...
 
Les violons se taisent, les artistes s'alignent vous invitant ainsi poliment à vous préparer à quitter leur campement les yeux remplis d'étoiles. Pourtant vous ne voulez pas partir, sortir dans le froid, retrouver votre monde et tout ce qui va avec. Dis maman ? Elle est où la machine à remonter le temps ?
 
Psssssst ! : quelques extraits ici et ... Pour découvrir la compagnie Rasposo et bien, cliquez sur ça ;)
7 février

Arrêt de jeu

chorégraphie de Pierre Rigal
 
Bon, vous savez que je ne suis pas très spectacle de danse... même si celui-ci est orchestré par des professionnels et non par l'instit' de maternelle du petit dernier. Mais là, je me suis dis que c'était à mon niveau : un match de foot transposé en danse. Et pas n'importe quel match hein ! LE France-Allemagne 1982. Comment ça vous ne vous en souvenez plus ?! Hein ? Bon d'accord moi non plus... mais comme excuses, je peux avancer que que je n'avais pas 10 ans donc la liesse du pays déposée entre les mains de 11 joueurs autant dire que je m'en souciais à peu près autant comme du premier bouquet de marguerites cueillies amoureusement pour ma môman. 
 

Donc, France-Allemagne 82 ou le match où Batiston s'est vu refaire le râttelier revu et corrigé par Pierre Rigal.

Musique laser façon Jean-Michel Jarre, commentaires de Thierry Roland et écrans plats (un intrus c'est glissé dans cette parfaite panoplie dans années 80, sauras-tu le retrouver ?). Le décor est planté. Le "stade" s'éclaire enfin dévoilant les 4 joueurs de ces équipes décalées ou la mixité est de rigueur. Début du match. Honneur à la dame. Commencent alors grimaces, facéties, simulations et autres acrobaties tel un film au ralenti. Les gestes sont volontairement très lents, amplifiant les situations comiques. Ce qui me change de mes habitudes. J'ai toujours vécu les rares matchs de foot que j'ai vu comme quelque chose de très chiant et non comme un spectacle amusant. Les danseurs/joueurs évoluent au rythme des mi-temps. Les 90 minutes sont presque écoulées. Le finaliste ne s'est toujours pas qualifié. Un bordel sans nom s'installe sur le terrain ou les corps s'emmêlent dans un enchevêtrement de jambes et de bras. Tous les coups sont permis. L'un mord quand l'autre pousse. L'un écrase quand l'autre frappe. Pas un jeu de femmelette peuh ! L'arbitre siffle la fin du temps réglementaire. Des vaches s'emparent du terrain. Faudrait-il y voir l'image de "bête à bouffer du foin" ? Loin de moi l'idée de penser que les footeux sont comme les shadoks : munis d'un cerveau de 4 cases ! Le match reprend. L'impensable se produit. Le rouge est de rigueur : le carton, le sang, l'enfer. Le spectateur est alors emporté avec les joueurs dans les entrailles de la terre ou la bête symbole du mal est la plus forte et a vaincu le plus faible. En l'occurence, la France cette année là. "Oh lala la laaaaa" dixit Thierry-ry. Fin de la transmission. Merci d'avoir choisi notre site pour suivre ce programme.
 
Cette interprétation de la chorégraphie n'engage bien sûr que ma petite personne. Et quand l'on connaît mon niveau d'interprétation des danses, il est fort à parier que je sois complètement à côté de la plaque. Nan parce que vous vous dîtes sûrement (si si, je vous entends) que ce billet est décousu et que finalement c'est beaucoup de frappe pour ne rien dire. Peut-être... Cependant, il a bien fallu que je retranscrive ce que j'ai vu à savoir, entre autre, des billes lumineuses rouges éparpillées sur une scène plongée dans le noir illuminant un mec torse nu à 4 pattes déambulant avec ces mêmes boules lumineuses blanchâtres disposées le long de sa colonne vertébrale. Ah ! On fait moins les malins là hein ?! Toute cette dépense d'énergie m'a épuisée, je vais me coucher...
 
Si vous voulez avoir la vision de l'auteur de toute cette mise en scène vous pouvez l'écouter ici. Vous profiterez également d'extraits du spectacle.
21 janvier

Escapade briéronne

 
L'hiver est propice aux contes et aux légendes. Une jolie manière de replonger dans les croyances d'autrefois. Chaque région à ses propres histoires qui ouvrent  grands les yeux des enfants et laissent les petites filles bouches bées dès l'évocation d'une princesse ou d'une fée. Le parc naturel régional de Brière n'est pas l'exception qui confirmera la règle. Je m'en vais vous la conter...
 

... en fait nan... car je me souviens vaguement d'une histoire de fée blanche mais je ne sais plus si elle est à l'origine de tout ce tintouin ou si elle s'ennuyait ferme, errant seule d'île en île vaguement accompagnée de farfadets sans doute hyper joueurs et un tantinet simplets qu'elle décida du coup d'inventer le briéron. Je vous passe le il était une fois... hein, ça m'évitera de vous raconter des conneries ! Donc, nous traversons le temps pour nous retrouver direct fin 19ème.

Là, le briéron des îles (à ne surtout pas confondre avec le briéron des terres ! Rrrrrrrrrrien à voir !!!) et sa briéronne, heureux, heureux qu'ils sont dans leur chaumière vivant d'amour et d'eau fraîche ... ou presque ! Figurez-vous qu'un briéron est un sacré veinard. La fée blanche, dans sa grande bonté, a mis à sa disposition tout ce dont il a besoin pour vivre en total autarcie sans être emmerdé par ces "estrangers" ... ce qui ne sera plus le cas quelques décennies plus tard. La nature de cette fin de siècle lui permet de construire sa maison grâce aux pierres, au chaume qui vient la recouvrir et au morta (arbres fossilisés témoin de l'existence d'une forêt trépassée par un raz de marée à l'origine de la création du marécage) dur comme de la pierre pour les linteaux, voir la charpente. La motte, vulgairement appelée tourbe par les touristes, est un combustible tout trouvé pour le chauffer quoique dégageant beaucoup de fumée et peu de chaleur. Sa coupe est un dur labeur... Ce bon duc de Bretagne, François II, a eu la riche idée de donner à ses aïeules SON marais de Brière (devait lui coûter plus qu'il ne lui rapportait...) en indivision. Il peut ainsi, tous les ans, vers le 15 août, affublé de la mariée et des mignons aller faire la provision de motte pour l'année et en couper un peu plus pour la vendre à la capitale en remontant la Loire. Fin limier et bon braconnier, la chasse et la pêche remplissent ses musettes quand la mariée cultive un bout de levée et s'occupe de la vache quand celle-ci n'est pas menée en champ.

Ah la mariée... Il la revoit encore rougissante et jolie comme un coeur dans sa belle robe, la couronne de fleurs d'oranger, fleuron de l'artisanat de l'île (paraîtrait même que celles ornant le bouquet d'une reine d'Angleterre ont été faites dans les ateliers briérons !), sur le haut de son crâne retenant son voile. Une belle noce assurément. Un mardi comme à l'accoutumée, pour sûr ! Le vendredi, pas possible : pas de viande en souvenir de la souffrance de notre Seigneur. Le samedi, pas possible non plus : demain c'est dimanche donc pas le droit de travailler, ni de faire quoi que ce soit qu'à dit notre Seigneur. Alors pour le retour... Le dimanche, pas possible, on vous a dit ! Vous êtes têtus vous, nan ? Le lundi, il faut commencer à préparer les noces : plumer les poulets, cuire les oeufs et la porée. Le mardi : monsieur le curé et monsieur le maire, le repas et le foulage de la terre de la maison au son de l'accordéon. Le coussin rouge sous le globe commandé par la mariée attend avec impatience que la couronne vienne y trôner au milieu de la multitude de miroirs, de feuilles dorées et autres babioles qui viendront par la suite retranscrire l'histoire de la famille. A voir si les symboles de ce globe représenteront bien le ménage tel qu'elle l'a envisagé...

Sur le buffet, le vieux globe doit à présent partager sa place avec un tout nouveau tout neuf. Plus de couronne mais une véritable corne d'abondance : 5 cerises rappellent à la vieille dame ses 50 dernières années passées à côté du père. Les grains composants les grappes de raisins noirs et blancs chavirent son coeur de mère, témoins de tous ces mignons enfantés dans la douleur devenus grands. La plus part vit sur l'île mais d'autres ont préféré partir à la ville. Plus pratique pour aller travailler. Il y a pourtant le tortillard pour les emmener aux chantiers... Les chantiers ont déserté eux aussi les bords du Brivet pour s'installer en bord de Loire ou les coquilles de noix se sont muées en monstres de fer. Fiers de leur succès, leur chantier s'est bien entendu agrandi demandant de plus en plus de main d'oeuvre. Les "estrangers" ont alors commencé à affluer, grignotant petit à petit du terrain. Non contents de leur avoir voler leur chantier, il faut maintenant qu'ils s'en prennent à leur marais. Si le grand-père voyait ça... nous aurions encore le droit à un "qui c'est ti qu'c'ti lâ ?" grommelé dans le dos de la grand-mère planquée derrière sa porte, un coin du rideau relevé pour mieux voir l'inconnu remonté la route du milieu !

          

Si vous voulez en savoir un peu plus sur les globes de mariée, je vous conseille d'aller flâner . Vous pouvez également aller voir l'exposition permanente assez impressionnante à La Maison de la Mariée. L'histoire de la formation de la Brière ainsi que la culture et les traditions bièronnes sont très bien présentées à La Maison de l'Eclusier. De nombreuses balades en chaland (nom des barques en bois traditionnelles autrefois fabriquées, entre autres, dans les chantiers du Brivet) sont également proposées à la Maison d'accueil. Pour vous restaurer sur les îles, je vous conseille La mare aux oiseaux mais attention au délestage de la bourse ;) Ca c'est pour le couvert ! Et pour le gîte, je vous conseille celui-là qui est tout à fait charmant. Je vous souhaite un agréable séjour !

10 janvier

Au théâtre ce soir : Chants d'adieu

de Oriza Hirata
 

Comprendre l'autre n'est pas simple. Et les incompréhensions se multiplient lorsque l'autre est issus d'une culture diamétralement opposée à la sienne. Alors imaginez les maladresses, les contresens et les mauvaises interprétations dans une situation morbide : le décès d'un être cher. C'est dans cette configuration que Laurent Gutmann met en scène la rencontre de deux familles, l'une japonaise et l'autre française, à l'occasion du décès d'une française mariée à un nippon et vivant au Japon...
Le thème n'est pas très gai certes, mais les malentendus, les incompréhensions et les us et coutumes de chacun ne peuvent nous empêcher de sourire. Imaginez le père de la défunte, 110 kg refusant par politesse la chaise qu'on lui propose et décide d'essayer de se plier en 2 pour s'asseoir sur ses talons afin de ne pas offusquer son gendre ! Il finit irrémédiablement sur les fesses, les pieds sous la table basse. Ou bien encore l'arrivée intempestive de l'ex-époux de la défunte, serrant de toutes ses forces le veuf dans ses bras. A priori, les japonnais sont très respectueux de l'espace vital de leurs concitoyens... contrairement aux européens. Je vous passe la scène de préparation des funérailles qui vous arrache plus qu'un sourire !

En résumé : Marie, française, installée au Japon avec son mari japonnais décède brutalement. Sa famille française débarque à Tokyo et participe à la veillée funéraire au cours de laquelle se décide les détails de la cérémonie du lendemain. Malgré l'union dans la souffrance de ses proches, ils peinent à s'entendre.

7 décembre

Riverdance, le show

 
Bon bah voilà. Ca c'est fait. Des claquettes en veux-tu en voilà, des tutus qui volètent, des voix de sylphides enchanteresses, des flûtes  sans Pan (Pan. Dans Peter Pan joue de la flûte. Donc... Laissez tomber... !) qui vous mènent tout droit dans un monde à part. Le monde des celtes paraît-il. Moi, je me suis plutôt crue dans celui des Hobbits mais bon...
 

 
          
 
Le seul hic dans tout ça, et pas des moindres, c'est que je suis une véritable biquette (pour rester dans l'univers de Peter ;) Rooo mais siii : Peter, Pan, satire, biquette ! Si vous n'y comprenez rien, allez voir parce que je crois que je m'enfonce... et pas l'énergie pour vous expliquer plus en avant !) où j'en étais moi ? Ah oui, je vous disais donc que je suis une vrai biquette en danse... Pas que je ne sache pas danser hein ! Ho !! Suis une fille tout de même ! Nan, juste qu'un ballet de petits rats, une chorégraphie de hip hop compliquée ou de Rn'B me laissent complètement de marbre... Je n'y comprends absolument rien ! Tout ce que je vois c'est un enchaînement plus ou moins complexe de mouvements maîtrisés à la perfection, des abdominaux faisant honte aux miens, une grâce sans pareille etc. J'apprécie la technique, admire la maîtrise par contre, concernant le message ou l'histoire que toute cette énergie dépensée en entrechats, sauts de biche et autres sauts carpés : rien, niet, nada, que pouick ! Je sais, c'est désolant... Donc, concernant Riverdance, comment dire, si vous n'aimez pas la musique celtique, encore moins la danse classique, et que Fred Aster vous donne des boutons, un conseil : économisez 50 euros en restant chez vous ! Sinon ? Ca m'a donné envie d'aller me défouler dans un fest noz ;)
27 novembre

Au théâtre ce soir : Bureau National des Allogènes

de Stanislas Cotton
 
La salle est dans le noir le plus complet. Une ombre surgit, suspendue dans les airs tel un fantôme. Elle en a le teint. Elle prend la parole pour finalement ne plus la lâcher. Se tortillant au bout de son fil, s'énervant et se désolant la seconde suivante. Se justifiant timidement et se défendant avec virulence successivement. Ainsi se déroule la première partie.
La salle retombe dans le noir pour mieux découvrir un corps fatigué et usé d'un black sur un banc. L'histoire reprend là où le spectre l'a commencée. Donnant les réponses et les explications inlassablement, sans s'énerver... Ainsi est faite la deuxième partie.
 
Cette pièce est dérangeante. Dérangeante par son texte qui nous oblige à regarder la réalité en face. La réalité de l'immigration dans le cadre de l'asile politique et le pouvoir d'un seul être, généralement blanc, de vie ou de mort sur le demandeur d'asile, généralement noir, condamné à se prostituer devant notre mère République. Dérangeante par sa mise en scène nous mettant au banc des jurés, écoutant attentivement la plaidoirie de mr Rigobert  Rigodon, fonctionnaire au centre de tri des étrangers de son état, suivie de celle de mr Barthélemy Bongo, être humain en exil. A nous de donner notre jugement ? A notre conscience, oui peut être... Prise de conscience de notre chance d'être nés sur un continent ou  la liberté rime avec banalité. Prise de conscience de notre air hautain et notre suffisance face aux peuples en difficulté... Ce qui est sûr, c'est que je ne suis pas ressortie indemne de ce spectacle.
 
Vincent Goethals, le metteur scène, semble être coutumier des sujets épineux (il est également le metteur en scène de 'Salina' que j'avais déjà beaucoup aimé) et s'en sort avec brio. Malgré la noirceur du fond, la forme nous arrache des sourires grâce aux personnages hauts en couleurs mêlant la dérision à l'humour grinçant, le burlesque à la comédie. Je n'ai qu'une hâte, le retrouver lui et Stanislas Cotton avec une nouvelle pièce "Si j'avais su, j'aurais fait des chiens". Alors messieurs, à mars prochain... !
 
En résumé : Rigobert Rigodon mène une vie sans soucis : marié, un enfant... et un emploi de fonctionnaire au Bureau National des Allogènes, centre de tri des étrangers. Seulement voilà, l'étrange envie prend soudain à ce "monsieur comme tout le monde" de sauter du 6ème étage du ministère : geste fatal, état déplorable, désordre ! Pourtant, l'âme du défunt flotte encore parmi les vivants pour raconter son étrange rencontre avec Barthélémy Bongo, venu lui demander si, "en tant qu'être humain", il pouvait rester ici...
22 novembre

Au théâtre ce soir : Flexible Hop Hop

de Emmanuel Darley par le Théâtre Dû
 
Mon collègue, avec qui je suis allée voir cette pièce, au cours d'une réplique me murmure hilare à l'oreille "c'est ce qu'on m'a demandé lors de mon entretien de passage cadre". Naaan ?! Alors cette pièce serait à peine une caricature ? Remarquez, en y réfléchissant un peu... Les traits de caractères des personnels tout comme la direction et l'agent de l'ANPE sont à peine forcés. L'agent est complètement à la ramasse, ne comprenant pas un traître mot prononcé par le chercheur d'emploi quelque peu qu'il soit technique (tiens, ça me rappelle quelque chose...). Les boss profitent du système, du personnel et du phénomène de mondialisation, toujours une bonne excuse en poche qui finit par culpabiliser ses salariés. Les salariés typiques : l'ancien, le p'tit nouveau et le personnel féminin. Tout notre quotidien, le bon comme le mauvais nous est résumé en 1h10. Une heure de plan social, de passage à l'ANPE, de TUC, de stage, de mondialisation, de délocalisation, de foutage de g*e*le... L'actualité en quelque sorte ! Et vous savez quoi ? La salle a ri. Oui, nous nous sommes moqués de nous-même. Alors que présenté par PPDA nous aurions tiré une tronche de 3 km, raconté par les acteurs du Théâtre Dû nous avons pris tout ça en pleine face sous forme d'autodérision tel un électrochoc et nous avons ri à gorge déployée. Et croyez-moi, par les temps qui courent, ça fait vraiment du bien de rire comme cela sur un sujet tel que celui-là ! Faudrait-il la préconiser en thérapie de groupe, je ne sais pas, voyons, au hasard, aux agents SNCF ?
 
En résumé : Un et Deux sont employés chez Interklang, l'usine où l'on produit les meilleurs "Klang !" du marché. Pourtant, même sans machines et avec toutes les aides possibles, c'est encore trop cher pour leurs patrons. La pépinière de réinsertion pourra-t-elle les aider à trouver la solution ?
16 novembre

Au théâtre ce soir : Les Amazones, 3 ans après

de Jean-Marie Chevret
 
 
L'accroche aurait pu être : vous avez aimé Les Amazones, vous les adorerez 3 ans après mais pour moi ce sera plutôt : vous avez adoré Les Amazones, vous les aimerez 3 ans après... Bien sûr, c'est super bien. Bien sûr tous les acteurs jouent très bien. Bien sûr les rires fusent tout au long de la pièce. Bien sûr Chantal Ladesou a toujours autant l'air d'avoir fumé la moquette et la colle avec. Et c'est peut être ça qui transforme le "adorer" en "aimer"... Il m'a semblé plus évident, dans ce deuxième volet, que cette pièce a été écrite pour Chantal. Son personnage, toujours aussi haut en couleur, relègue un peu trop au second plan les deux autres mangoustes. Néanmoins, son baragouinage, ses impros, ses apartés avec son public sont comme toujours à pleurer de rire. Qu'il doit être difficile de garder son sérieux sur scène avec un pareil pitre ! Ils semblent tous bien rodés et répondent au quart de tour à ses improvisations. On regrette que Sonia Dubois se soit consolée avec un nouveau choupinou donc pas de plans diaboliques de vengeance de la part des mangoustes. Heureusement, ce choupinou là est un modèle 100% macho opportuniste ce qui nous promet un grand moment de franche rigolade.
Le rideau refermé sur la roulotte, on se dit tout de même : à quand "Les Amazones X années après" ?
 
En résumé : 3 ans plus tôt, les mangoustes laissaient leurs amours en jachère tandis que Loïc, l'étudiant de l'appart' du dessus gagnait le coeur tant convoité de Guillaume. Aujourd'hui, la roulotte n'a pas beaucoup changé à part l'arrivée d'un élément perturbateur : le bel argentin pique assiette du coeur de Sonia Dubois. C'est sans compter sur les copains qui veillent... Chiquiva, chiquiva, chiquiva, aïe, aïe, aïe !
24 octobre

Au théâtre ce soir : L'écossaise ou le Café

comédie de Voltaire par la compagnie Vincent Colin
 
Vous saviez, vous, que Voltaire avait également écrit des comédies ? Si les profs nous avaient donné ça à étudier plutôt que 'Candide', nous aurions peut être moins fait la grimace... Bref, le sieur Arouet nous a pondu une comédie assez acide en se posant digne successeur de Molière. Comment ça je fabule ? Peut être mais il aurait pu, car tous les ingrédients y sont : la farce, la chute improbable, les pics envers ses ennemis et une histoire abracadabrante. Bon, il ne s'est pas foulé non plus car c'est limite du 'Roméo et Juliette' sauce Molière revu et corrigé par Voltaire. Le tout est agréable et nous soutire des sourires à défaut de fou rire...
 
La mise en scène choisit par la compagnie Vincent Colin est dans le même esprit bon enfant, bien adaptée à notre temps (pour citer le metteur en scène "notre Ecossaise aura des allures de Marx Brothers"). L'idée de transition entre les différents actes est excellente (nan je ne vous dirais pas ce que c'est ! Vous n'avez qu'à aller voir la pièce ;)) quant au fait de faire endosser plusieurs rôles aux trois acteurs sur scène permet au spectateur de rester éveillé...
 
Donc une pièce sympa, qui ne restera pas dans mes annales mais qui permet de passer une agréable soirée de détente. De toute façon c'était ça ou la finale de rugby... !
 
En résumé : Lindane, belle, jeune et pauvre écossaise est persécutée par les anglais. Pour y échapper, elle se cache dans une auberge de Londres ou elle rencontre Lord Murray. Le coup de foudre entre les deux jeunes gens leur tombe dessus tout comme la cruelle vérité : lord Murray n'est autre que le fils de l'ennemi juré du père de Lindane... Un petit extrait ? C'est par ici !
20 octobre

Double tour

par la Compagnie Baladeu'x
 
Pour la nouvelle saison culturelle de la salle Quai des arts, nous nous sommes vus offrir, nous autres abonnés, notre place pour le spectacle d'ouverture : 'double tour' de la Compagnie Baladeu'x. Et quel spectacle !
 

L'intrigue est simple et 100 fois jouée : un homme, une femme, leur histoire. Cependant, l'élément de référence dans celle-ci est une... porte et celui perturbateur, une... balle ! L'histoire banale entre un homme et une femme prend alors toute sa mesure et entraîne les spectateurs dans son tourbillon : l'amour vache, l'amour passion, l'amour tout court. Nous les suivons semi amusés semi attentifs mais toujours avec ce regard d'enfant devant des magiciens. Car il s'agit bien de magie ici : la magie de la scène, de la danse et du cirque. Tous deux sont des jongleurs hors-pairs, des humoristes à leur manière et des faiseurs de rêve.
 
Pour tout public, l'ensemble du spectacle est très plaisant et apaisant malgré quelques longueurs. Le plop, plop, plop, plop des balles frappant le sol peut agir sur certain comme un pendule hypnotiseur... Pour vous donner un avant goût, si le coeur vous en dit, c'est par  !
 
En première partie, nous avons pu redécouvrir Katell Le Brenn de la compagnie Pogne et Paluche. Je dis redécouvrir car nous avions déjà pu juger de son talent lors des 'grandes marées' du mois de juin. Cette fille est un élastique sur patte ! Elle touche toujours autant le public par ses acrobaties mais également par son petit air mutin et ses histoires de jeune fille en fleur. J'espère de tout coeur qu'elle réussira à percer dans ce monde d'artiste !
10 septembre

Vous avez dit châteaux du Médoc ?

 
Ce week-end se déroulait la 23ème édition du Marathon du Médoc. Ne craignez rien, je suis très mal placée pour vous inciter à chausser vos running et enfiler les kilomètres au rythme des "inspirez-inspirez-souuuuuuuuuuuuuuuuuffler". Ce n'est un secret pour personne : je dé-tes-te courir ! Une autre alternative pour découvrir cette région de façon originale ? Yessss ! La même manifestation mais sous forme de randonnées pédestres ou en VTT.

 
La médocaine (version VTT) se déroule en général le we de l'ascension. Sur le principe, rien ne change. Il s'agit de découvrir le patrimoine du Médoc en sortant des sentiers battus. Quoi de plus sympathique de découvrir ces paysages gorgés de vignobles au rythme des châteaux et de la gastronomie du coin ? Chaque arrêt dégustation est un nouvel enchantement pour les pupilles et les papilles : le vin of course et le chocolat (les sarments à la rose ou encore à la menthe sont à tomber par terre). L'accueil à chaque château vous réserve une surprise : discours passionné du propriétaire du domaine sur les marches du perron, description fleurie du bouquet versé dans votre verre par le maître de chais au pied du fut  (ou plutôt au pied du stand de bouteille mais c'est moins romantique...) ou bien encore voyager dans un autre temps au son des violons et des harpes du moyen âge ou vous pourriez, avec énormément de chance, rencontrer la châtelaine au détour d'une allée. Cependant, attention aux excès ! Plus le parcours est long, plus nombreux sont les ravitaillements et donc les dégustations... Le but n'étant évidemment pas de finir allonger sur les pelouses du jardin du château la pompe, à l'ombre d'un rosier, en ronflant en rythme ! Nous sommes bien d'accord !
 
Ce que nous avons aimé :
    • l'organisation, en générale, de la manifestation. Tout est très bien orchestré. On sent la machine très bien huilée.
    • L'accueil et l'accessibilité aux domaines participants à la manifestation. Les ravitaillements sont plus que fournis.
    • le côté festif. Un lot est attribué à chaque équipe qui a fait l'effort de se déguiser.
    • la convivialité tout au long des parcours. A aucun moment nous nous sommes sentis en compétition avec les autres équipes.
    • les dégustations bien évidemment ;)
Ce que nous avons moins aimé :
    • le camping improvisé. Nous avons eu la malchance de planter nos igloos à l'emplacement ordinairement investi par un groupe du "17". Savions pas ! Nous n'espérions pas faire un remake de "Camping"... Mieux vaut réserver un gîte ou un emplacement dans un vrai camping... !
    • la nuit courte et mouvementée due aux chansons paillardes des voix "envinassées" de nos voisins les "17". Penser à emporter des boules quies.
    • le manque de sanitaire. Lorsqu'une manifestation telle que celle-ci regroupe entre 5000 et 8000 personnes pour seulement 4 douches et 2 wc, forcément, à un moment donné... ça coince !

Si une telle aventure vous tente, vous trouverez tous les renseignements nécessaires au marathon du Médoc ici, et ceux concernant la Médocaine par .

   

30 août

Escapade arthurienne

 
Mardi soir, en deuxième partie de soirée sur France 2, était proposé un documentaire sur le monde du Roi Arthur. Légende ou fait historique ? Quoi qu'il en soit, un lieu en Bretagne entretient la légende et pas des moindres : la forêt de Paimpont plus connue sous le doux nom de Brocéliande... Prêts pour la visite ?

Voilà, nous nous retrouvons donc en Bretagne sud, dans le domaine de l'imaginaire, des farfadets et des fées. Le site de Brocéliande est vaste et afin d'espérer entre-apercevoir la silhouette d'Arthur, de Merlin, ou encore Viviane, il vous faudra battre les chemins ! Fontaine de Barenton, Val sans retour, Val aux fées, château de Comper... tout un programme !
 
Si vous deviez n'en visiter qu'un, alors, sans hésiter, grimper au "Val sans retour", domaine de la fée Viviane. La vue panoramique qui s'offre une fois en haut des falaises est un pur moment de bonheur. Surtout, si vous avez la chance d'être seuls face au spectacle que vous offre la vallée avec son étang, ses genêts en fleur (en mai), ses pierres de couleur rouge et l'arbre d'or qui brille de milles feux sous le soleil (non, il ne pleut pas toujours en Bretagne ! Mauvaises langues !). L'endroit est tout à fait propice aux randonnées pédestres, équestres ou bien encore aux randonnées en VTT. Des balisages vous permettent d'ailleurs de ne pas vous égarer, dès fois que vous tomberiez nez à nez avec un korrigan au couché du soleil...
 
Vous avez remarqué comme la terre est d'une couleur rare ? Bien entendu, celle-ci n'est pas naturelle. Ce n'est pas l'œuvre de Viviane, trop occupée à mirer son reflet dans les eaux de l'étang (paraîtrait que par des soirées orageuses, certains auraient aperçu son visage...). Ni celle de Merlin puisqu'il est prisonnier de Morgane. Ba de qui alors ? La vengeance... Gné ???
Pour votre info, il existe ici moult fées dont la liste serait trop longue à citer... Pour faire simple, il était une fois, 3 autres fées qui vivaient près du Val sans retour. Ces fées, qui étaient soeurs, ne montraient le bout de leur nez que la nuit venue pour ne pas être en contact avec le commun des mortels (on ne mélange pas les torchons et les serviettes quoi). Pourtant, la plus jeune était curieuse. Elle aurait bien aimé se rendre compte par elle-même si ces hommes sont des êtres sales, vils et moches comme l'affirmaient ses soeurs. Elle décida donc de profiter de leur sommeil pour s'aventurer au grand jour près de l'étang. Et là, c'était son jour de chance ! Elle tomba sur THE chevalier tout bien comme il faut : propre (il vient de sortir de l'eau, nu comme un ver... ouuuuh, là je m'égare !), charmant et beau comme un dieu (ba tient !). Forcément, arriva ce qui devait arriver (les fourrés, les genêts, tout ça...). La jeune fée ne pipa mot à ses soeurs de son amourette mais ne pouvait étouffer ses baillements la nuit tombée heure à laquelle, je vous le rappelle, elles étaient sensées sortir... Les frangines, pas si bête, s'étaient doutées qu'il y avait des trucs qui ne collaient pas dans la fatigue de leur soeurette. Elles décidèrent donc de feinter de dormir et suivirent l'amoureuse. Et là, horreur ! Je vous passe les sermons, les larmes, les supplications et tout le tralala qui s'en suivit. Aux grands maux, les grands remèdes, les frangines assassinèrent le beau gosse (qui n'a rien dû capter à l'histoire, lui, du coup !). Et c'en était fini. Et bien pas du tout ! La petite soeur, aveuglé par sa douleur, profita encore une fois du sommeil de ses soeurs pour les assassiner à leur tour et se donner la mort dans la foulée (comme quoi les histoires de fées et les histoires des hommes en fait...). Bref, une fée n'étant pas complètement constituée comme un être humain hein, sinon ça se saurait, leur sang coula, coula, coula... et s'infiltra dans la terre donnant cette couleur rouge assez particulière que nous pouvons observer aujourd'hui.
 
Et des comme ça, il en existe des dizaines contées au gré des ballades organisées. Je laisse donc aux "contous" le loisir de vous narrer les mésaventures des chevaliers de la table ronde dans ce même val, la rencontre de Morgane et Merlin à la fontaine de Barenton, l'arbre d'or, etc.
Pour en savoir plus sur ces randos, se loger, manger, bref passer un moment dans le domaine de Brocéliande, c'est par ici.

     PS : je sais, le contenu du billet n'est pas adapté à la catégorie choisie. Mais cette s*l**er*e de spaces ne veut pas me donner la main sur "ajouter une catégorie" ! Alors comment je fais moa... ? Mais vous, vous êtes débrouillards, nan ? Vous allez bien vous y retrouver... ! Promis, si j'y arrive... un jour..., ce billet et les suivants seront classés dans "Sortir, bouger, visiter".

Edit : A y est ! En fait, la section catégorie a un quota... Ah ! Du coup, je vais les remanier un chouia... Les "spectacles en tout genre" vont atterrir ici aussi du coup et libérer un place ;)

28 février

7 fois dans ta bouche

d'Alexis Armengol
 
De quoi ça parle ? De la parole... Ah ! ça vous en bouche un coin hein ? Bah moi aussi ! Il n'y a pas d'histoire à découvrir mais une démonstration à écouter : nous nous servons de l'organe qui nous différencie des autres animaux souvent à tord et à travers. Nous parlons certes mais est-ce que nous nous exprimons ? "Nous en servons nous pour écouter ce qui doit être tu ?" (ou un truc dans le genre)...
Ca hurle, ça enchaine des sons formant des mots, des phrases, ça discourt, ça plaide et surtout ... ça embrouille !! Néanmoins, je dois souligner le travail des deux acteurs qui n'arrêtent pas 1 seconde, passant de l'humour au tragique avec une facilité étonnante ce qui est très déroutant voir sordide. Vous pouvez vous attendre à tout de leur part. Jugez par vous-même !
In fine, je suis dans l'incapacitée de dire si j'ai aimé ! Je suis ressortie, au bout d'1 heure de palabre, pas plus avancée qu'au début ! Comme quoi leur théorie n'est pas fausse, nous parlons souvent, finalement, pour ne rien dire... Enfin, ici, c'est écrire pour ne rien lire ;)

      

 
16 décembre

Le malade imaginé

 
 
 
Non, non, je ne me suis pas trompée de titre. C’est bien le malade imaginé et non pas le malade imaginaire quoi qu’il s’agisse bien du malade imaginaire de Molière. Vous n’avez pas tout compris ? Mettez y un peu du votre aussi !! Il va falloir suivre un peu car pendant 1h45, les acteurs vont vous emmenez dans un rythme infernal !
 
Plantons le décor : une piste de cirque, une multitude d’accessoires, 4 acteurs clownesques. Oui, 4 mais il n’y en que 3 qui jouent réellement. Comme la pièce initiale comporte 9 personnages, forcément, les acteurs cumulent plusieurs rôles. Et là, vous vous dîtes «Comment, avec ma mémoire de poisson rouge, je vais réussir à suivre et savoir qui est qui ???». Don’t panic !! Les accessoires sont là pour ça. Et que la fête commence ! Au bout de 5 minutes les premiers rires timides fusent, s’amplifient au bout de 15 et ne s’arrêtent qu’une fois le spectacle terminé ! Un très bon moyen de faire travailler les zygomatiques !
 
En conclusion : allez y !