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November 23 J'étais derrière toi de Nicolas Fargues ![]() Après avoir avoué son adultère, le narrateur voit son existence se transformer en enfer par la torture physique quotidienne que lui fait subir sa femme. A bout, il part en Italie prendre du recul chez ses parents. Sa vie va alors prendre à nouveau un tournant, lorsqu'au cours d'un dîner au restaurant il réceptionne un billet anonyme sur lequel sont couchés ces quatre mots : ero dietro di te, j'étais derrière toi... Le narrateur se livre cœur et âme au lecteur. Il lui déballe par le menu son adultère, les maltraitances que lui fait subir Alexandrine sans qu'il ne lève ne serait-ce qu'un bras pour se protéger sans parler de se défendre. Il lui détaille son émotion lorsqu'il retrouve la femme qui se cache derrière le billet romantique. Il lui confie ses doutes, lui offre ses joies, limite s'il ne lui demande pas conseil. Bref, le lecteur est son pote, son psy, son meilleur ami ! Et faut-il l'être pour écouter son long monologue sans pause chapitre de 236 pages version poche ! Alors, là où certains y verraient une superbe histoire d'amour, d'autres y verront un récit nombriliste sur fond de masochisme qui agace un peu. Donc, si le lecteur potentiel n'est pas amateur du ça, du moi et du surmoi, ou de psycho-philosophie, qu'il passe son chemin... Les rayons des libraires sont suffisamment fournis pour qu'il trouve son bonheur ailleurs ! November 19 Le concert de Radu Mihaileanu Andreï Filipov, avant de se retrouver homme à tout faire et de récurer les bureaux du théâtre de l'orchestre du Bolchoï, était l'un des plus grands maestros que le 20ème siècle ait connu. Son arrestation au cœur de Moscou, dans les années 80, en pleine représentation du concerto pour violon de Tchaikovsky a brisé sa carrière et mis sa vie entre parenthèse ; jusqu'au jour où un fax demandant au Bolchoï de bien vouloir donner une représentation au théâtre du Chatelet à Paris tombe entre ses mains au lieu de celles du directeur en place. Conscient qu'une telle chance de pouvoir remonter sur scène et de diriger à nouveau un orchestre ne se reproduira sans doute pas, il dérobe le fax et décide de relancer la machine : retrouver l'impresario, négocier le contrat, choisir les morceaux, retrouver les musiciens, sortir de Russie... le tout, en faisant passer son équipe de bras cassés pour l'actuel célèbre orchestre moscovite. ![]() Moi, vouloir s'envoler vers ciel avec musiciens et avec public explique Filipov interprété par un Aleksey Guskov touchant à une Mélanie Laurent étonnante dans le rôle d'Anne-Marie Jacquet, célèbre violoniste française qui s'interroge sur le choix de Tchaikovsky pour l'unique représentation parisienne du Bolchoï. Et ça marche ! Le spectateur se laisse bercer par ce film orchestré à la manière d'une symphonie. Tout commence en douceur, dans un Moscou où les militants communistes se font rares. Le ton monte crescendo et les frissons avec. L'atmosphère se détend par touche avec des notes d'humour parsemées par-ci par-là, histoire de doser les plaisirs jusqu'à l'explosion finale lors du concert. Au cours d'une interview télévisée, lors de la promotion du film, Mélanie Laurent expliquait qu'elle s'était évanouie lors du tournage de la scène du solo de violon durant le concert vu l'état de transe qui régnait sur le plateau. Vous doutiez un peu de son raisonnement jusqu'au moment où vous avez senti votre visage inondé de larmes. Vous n'êtes pourtant pas ce qu'on peut appeler une adepte de musique classique, loin de là. Votre univers musical est plus proche de Kurt Cobain que de Beethoven. Et pourtant, Tchaikovsky vous a eu ! Qui sera le prochain sur sa liste ? November 12 I need to peeVous ne savez pas pour les autres, mais en ce qui vous concerne, il n'est pas toujours simple, suivant la situation, de dire ou de faire comprendre avec discrétion et/ou délicatesse que votre organisme a besoin de se soulager sous peine de vous retrouvez dans un tout autre embarras si celui-ci ne trouve pas fissa un lieu d'aisance... ![]() Enfant, les adultes vous demandaient toutes les deux minutes si vous n'aviez pas envie de faire pipi dès qu'on vous voyait vous tortiller ou dandiner d'une jambe sur l'autre. Tiens, comme l'autre, votre maîtresse de moyenne section qui a tué votre vocation dans l'œuf ! Sous prétexte que, justement, vous piétiniez sur place à côté de son bureau, elle avait immédiatement suspecté une envie pressante. Mais pas du tout ! Pas du tout du tout ! Vous imitiez tout simplement vos idoles du moment : les majorettes. Vous vous occupiez comme vous pouviez le temps qu'elle corrigeait vos ronds à colorier en rouge et vos carrés en bleu. Aucune imagination elle ! Ouais, c'est vrai qu'avec un bâton dans les mains ça aurait été beaucoup plus explicite, mais bon... Adulte, la bienséance veut que vous oubliiez tous ces signes extérieurs, quoique bien pratiques, de SOS de vessie en détresse. A vous de vous débrouillez pour faire passer le message. S'offrent alors à vous plusieurs solutions :
November 05 Ferronnerie d'art à Big AppleNew York City est réputée pour bien des choses mais pas pour sa ferronnerie d'art. Et pourtant, à foison vous en avez trouvé au détour des rues. Celle-ci vous accompagne tout au long de votre périple que ce soit dans les beaux quartiers du sud de central park avec le globe du Columbus circle rivalisant de grandeur avec les buildings l'encerclant, dans le nord du même parc vous rapprochant d'Harlem avec ces escaliers de secours rivalisant d'imagination dans la complexité des torsades des barreaux semblant partir à l'ascension du ciel tels des liserons noirs, ou bien encore les haubans des ponts amarrant Manhattan aux morceaux de terre qui l'entourent tels de gros bras entamant un bras de fer quotidien contre les éléments. Vous passerez sur les charmants mobiliers de jardin en rez de trottoir attendant l'heure du thé en compagnie de gros tournesols dans les rues de Brooklin, tout comme les œuvres d'art placées ça et là comme de gros champignons au milieu des rues et autres placettes et bien sûr l'emblème même du pays : la miss Liberty qui vous apparaît grandiose aux portes de la grosse pomme en revenant de Staten Island par le ferry. ![]() ![]() ![]() ![]() October 29 La machina automatica (1)A chaque fois que vous preniez le train, du temps jadis où vous n'imprimiez pas vous-même vos billets sur format A4, il était rare que vous ne vous trompiez pas de sens pour composter le bout de papier cartonné estampillé SNCF. Vous aviez beau le tourner dans tous les sens, pas le moindre schriiiiiiicht caractéristique du poinçonnage vous n'entendiez avant au moins cinq bonnes tentatives infructueuses. Quiche vous êtes, quiche vous resterez face aux technologies modernes... ![]() ... Et ce n'est pas les machines automatiques des pays étrangers qui vous contrediront ! Comme la fois où vous n'aviez pas réussi à imprimer deux fois le même ticket alors que vous êtes ab-so-lu-ment persuadée d'en avoir demandé deux identiques sur le quai Lisboète... Le "+" sur lequel vous avez appuyé pour obtenir un deuxième ticket s'est avéré correspondre à un complément vélo... ???... Et que dire sur le lieu de départ qui diffère d'un billet à l'autre... Ahem... Pas douée vous ? Disons plutôt que vous ne causez pas un traite mot de portugaiche. Comment ça ça n'a rien à voir ? Bien. Sur un quai d'une gare italienne pas plus fine vous fûtes puisqu'avec un billet amputé vous vous retrouvâtes ! Pourtant la procédure semblait hyyyyyper simple. Voyez plutôt : 1 - présenter le billet bien droit. 2 - Introduire le billet dans la pointeuse dans le sens de la flèche. 3 - Attendre le compostage. 4 - Récupérer le billet. Jusqu'au deux tout va bien. C'est à partir du trois que ça commence à se barrer en couille... Alors que vous récupérez tant bien que mal votre billet non composté, vous entendez votre acolyte d'à côté criser devant sa machine. C'te saloperie l'a quasiment avalé. Le billet, pas votre acolyte. Ouais. N'empêche que les personnes aux alentours ont du vous prendre pour une cinglée en vous voyant armée d'une pince à épiler afin d'extraire le billet de la machine avaleuse ! A y est, vous l'avez. Recommençons. Le premier est composté. Vous suivez scrupuleusement les indications pour composter le votre. Tout se passe pour le mieux jusqu'au moment où votre billet se coince dans la machine qui décide d'en avaler un bout. Ah nan hein ! Vous êtes bien décidée à ne pas le lâcher. La machine non plus... Vous lui en cédez donc un bout et vous vous retrouvez avec un quart de billet en moins et à moitié composté. Vous quémandez l'avis du guichetier le plus proche sur la validité de votre 3/4 de titre qui vous assure, réprimant avec peine son hilarité, que ce n'est pas grave. Et c'est tant mieux car vous ne ferez pas ça tous les jours ! Pour sûr, avec vos impressions internet, tous ces désagréments vous sont épargnés. Cependant, vous restez nostalgique de ces grands fou rires que ces situations n'ont pas manqués de provoquer. Pour preuve, en écrivant ces quelques lignes, un sourire en souvenir de ces deux grands moments de solitude point vous a quitté. Mais de là à ce que vous retournez au traditionnel billet de transport ferroviaire, faut pas pousser mémé non plus ! (1) : une fois n'est pas coutume, le titre est à lire en espagnol (bien que vous ne connaissez pas l'espagnol...). Parce que si le lectorat le prend au sens italien du terme, du coup, nous voilà hors sujet... Hé ! October 26 Mères et filles de Julie Lopes-Curval Audrey travaille au Canada. En visite plus ou moins surprise à ses parents en France, en Gironde, elle décide d'investir la maison de son grand-père maternel pour y trouver le calme dont elle a besoin et s'éloigner des conflits toujours sous-jacents avec sa mère, Martine. Elle était loin d'imaginer, en emménageant dans cette grande maison vide, de retrouver le fantôme de sa grand-mère, Louise, qui avait quitté le confort du foyer conjugal dans les années 50, laissant derrière elle mari et enfants pour refaire sa vie. Véritable scandale pour l'époque. Audrey cherche alors à comprendre le choix de cette grand-mère dont l'évocation déclenche une réaction de fermeture de la part de Martine, qui a grandi dans la honte et le traumatisme de ce départ. ![]() 3 générations de femme se confondent : Louise, la grand-mère, que la soif d'indépendance asphyxie petit à petit, décide alors de tout plaquer pour exister enfin par elle-même, Martine, la mère, prototype de la femme libérée du joug de son mari comblant sans le savoir tous les souhaits de sa mère et Audrey, la petite-fille, qui, comme beaucoup de trentenaire des années 2000, est peut-être libérée mais complètement paumée. Julie Lopes-Curval dépeint une réalité que les jeunes générations de femme ont tendance à oublier : leur émancipation n'a qu'une petite quarantaine d'années... et n'a pas été une chose aisée à obtenir ! Quoi de plus naturel aujourd'hui que la gent féminine ouvre son propre compte bancaire sans passer par l'autorité masculine et de le vider quand bon lui semble sans que l'homme de la maison en soit systématiquement averti ? Passer à l'acte à cette époque où le qu'en dira-t-on est une religion avait de quoi traumatiser une famille. Et ce, sur plusieurs générations. Le départ de Louise a entraîné un malêtre chez Martine. Son refus de comprendre les raisons de sa mère en fait une femme froide et distante envers sa fille, dans l'incapacité de lui exprimer ses sentiments, entrainant un malêtre chez Audrey... Une chaîne sans fin ? October 19 Rox et RoukyAlors que vous étiez bien occupée, en terrasse parentale, à peinturlurer vos ongles de doigt de pied en rose nacré n°200 de la gamme Resist & Shine de l'Oréal, déboule de nul part une armée de chiens courants suivie au pas de course par des chasseurs. S'en suit un tintamarre de tous les diables genre "pouet poueeeet", "talalalalaaaaaaaaaa", "taow taow", "venez venez venez". #!!?ARGHZRrrrr !!! Nan mais ça va pas bien eux ?! Vous ont fait déborder ces cons ! ![]() Bien décidée à relater votre mécontentement ici même, vous vous mîtes à la recherche d'un titre exprimant votre colère face à ces traqueurs de pauvres renards qui ont salopé votre travail. Soit dit en passant, avec tout le vacarme qu'ils font, il est fort à parier que le dit renard se soit fait la malle depuis longtemps... Vous, vous dîtes ça, vous ne dîtes rien. Donc, vous en êtiez à rechercher un titre digne de ce nom. Sonner l'hallali vous semblait tomber à point nommé mais en voyant ce chien, genre Droopy mais avec des tâches noires et feu, déboulé quasi sous votre nez vous a rappelé à la mémoire celui du dessin animé de Disney qui vous a fait chialer comme une madeleine quelques 20 ans plus tôt (1)... Rox et Rouky... Et les larmes vous sont montées aux yeux... Bouleversée, vous rapportez les faits à votre mère. Vous voyez pas qu'elle vous a rétorqué qu'heureusement que des battues sont organisées car les renards bouffent tout leurs poulets. Des yeux comme des soucoupes vous avez ouverts ! Et la bouche grande ouverte vous êtes restée. Mais, mais, mais, dans le dessin animé, il ne mange pas les poules Rouky ! Et puis, si ça se trouve, c'est un renard végétarien ?! Eh ! Toute à vos réflexions vous entendez des portières claquées. Aussi rapidement qu'ils sont arrivés, l'armada de chasseurs est remontée en voiture pour poursuivre sa traque un peu plus loin. Au moins, ils vous auront épargné de le descendre sous votre nez. (1) : 20 ans plus ou moins quelques années... A bien y réfléchir, le cleps, il ressemblait un peu aussi à Lafayette, le chien débile dans Les Aristochats. October 12 Combien ça coûte ?Vous adorez les attentes dans les petits magasins. Enfin celles qui sont dans la limite du raisonnable, hein ?! La patience n'étant pas non plus votre trait de caractère le plus marqué... Bref, celles-ci vous placent très souvent face à des spectacles imprévus et improbables où les protagonistes se trouvent être des acteurs burlesques malgré eux. Vous ? Moqueuse ? Tssss. Si peu, si peu... (sourire) ![]() Le cinquantenaire exhibant sa cordelette : vous avez des courroies de cuir ? L'artisan : oui Et de joindre le geste à la parole en sortant un touret quasi plein de son placard. Le cinquantenaire perplexe : mais vous n'avez pas la bonne longueur ! L'artisan pas à bout d'argument : mais je vous la coupe à la bonne longueur. Le cinquantenaire sûr de sécher le vendeur : oui, mais comment on la raccorde ? L'artisan : ah bah, c'est à vous de le faire ! Moi, je vous met une agrafe d'un côté et vous, vous raccordez de l'autre. Le cinquantenaire affolé : ah ! Mais je ne sais pas faire ça !!! L'artisan patient : vous faîtes un trou et vous cloutez avec un marteau. Le cinquantenaire entêté : non, non, ce n'est pas dans mes cordes !! Mouarf ! "dans mes cordes" / cordelette. Il est excellent ! Ah hum, pardon. Vous en étiez où ? Ah oui. L'artisan rassurant : mais si, c'est facile. Vous n'avez qu'à faire un trou et vous cloutez. Le cinquantenaire pragmatique : ça coûte combien ? L'artisan : 10 euros. Le cinquantenaire suspicieux : et ça coûte combien l'agrafe ? L'artisan impassible : c'est compris dans les 10 euros. Le cinquantenaire toujours pas convaincu : mais ça va tenir ? L'artisan : oui, bien sûr. Le cinquantenaire qui commence à vous taper légèrement sur les nerfs : mais celle-là (en secouant sa vieille courroie sous le nez de l'artisan), elle a du casser au niveau des agrafes ! L'artisan très pratique : le cuir est pourri. Donc fragile parce qu'il est vieux. C'est normal qu'il casse à ce niveau là. Le cinquantenaire à bout d'argument : ... je vais regarder chez moi et je verrai. Vous intérieurement : oui, c'est ça. Faites donc ça qu'on en finisse ! Pfiouuuuu ! Vous vous demandez sincèrement comment les artisans, vendeurs et autres commerçants font pour garder leur calme face aux emmerdeurs... Sérieux ?! October 07 La consolante de Anna Gavalda Charles Balanda, 47 ans, est englué dans sa vie d'adulte, sa vie de couple, sa vie d'architecte. Un courrier reçu chez ses parents va déclencher le lent compte à rebours sur son enfance, son adolescence et sa vie de jeune homme auprès d'une femme qui lui a appris le bonheur et le sortir enfin de son sommeil. Il sera alors à nouveau prêt à affronter la vie et la savourer à sa juste valeur.Tout le monde est unanime. Difficile de rentrer dans l'histoire, syntaxe compliquée. L'habitude est dérangée d'où la nécessité d'un temps d'adaptation avant de savourer son plaisir à lire le dernier Gavalda. Vous vous attendiez tellement à être déçue que vous avez hésité longuement avant d'oser l'ouvrir... Le premier chapitre passé, vous vous demandez ce qui a bien pu vous échapper. Vous avez accroché direct ! La moitié du livre englouti, vous cherchez toujours le dérangement occasionné par le style d'écriture... Pour vous, il marque clairement le détachement du personnage par rapport à son histoire passée à l'instar d'un bande vidéo retraçant les souvenirs enfouis. La dernière page tournée vous laisse un sentiment de bien-être et de devoir accompli. Un peu triste de laisser derrière vous tout ces personnages et leurs instants de vie simples que vous avez partagés au fil des pages. L'auteur ne déçoit pas. Bien au contraire. Elle s'installe un peu plus dans une catégorie de genre dans laquelle les plumes françaises excellent, il faut bien l'avouer ! September 30 Carnet new yorkais #1Une fois n'est pas coutume, nous allons parler fringues, shoes, boutiques, en un mot : shopping. Haaaaaan ! Là, les 2, 3 mâles qui peuvent s'égarer par ici commencent à remballer... Hey ! partez pas les gars ! Shopping OK mais new yorkais le shopping oh ! Comment ça vous voyez pas la différence ?! Mais elle est é-noooor-me les gars. Elle est é-noooor-me ! Voyez plutôt... ![]() Premièrement une comme dirait votre père, il est de notoriété publique que les grandes marques américaines comme Levi's et les converse All Star sont plus qu'abordables au pays des Sioux. Plus abordables dans le sens où vous les payez jusqu'à 50% de leur prix français... surtout lorsque vous vous laissez tenter par l'acquisition non pas d'une, ma chère Maryse, mais de deux pièces. La 2ème se retrouve alors à moitié prix ! Ce qui nous fait, par exemple, ces superbes Levi's horse à un prix moyen de 31 $US, soit un tout petit plus de 21 € où ce 514 à 35 $US ! Mais c'est le monde d'Alice mon cher Pierre ! Si le monde de la potesse du lapin blanc n'est pas exactement sur Brodway (1), il peut se trouver au Century 21 (2), temple de perdition des porte-feuilles en quête de régime. Explications : des mètres et des mètres et des mètres et des mètres encore de chaussures alignées, de sacs, de costumes, de jean's, de manteaux, de robes de bal de fin d'année, voir de couturier. Et le tout à des prix défiant toute concurrence. C'est comme ça que vous avez failli devenir l'heureuse propriétaire d'une somptueuse robe de soirée blanche brodée et rebrodée pour seulement 1399 $US au lieu de 3700. Vous avouez, vous avez hésité... Tout de même, pour une Valentino, c'est pas cher si ? Ouais, c'est pas très cher mais ça ne va pas avec vos nouvelles pompes bleues au bouton sur le côté. Rhaaaaa ! Ne vous reste plus qu'à filer chez Abercrombie & Fitch pour faire le plein de chemises à carreaux à nouer sur le nombril et vous prendre pour Pamela Ewing ! Vous vous doutiez bien que les années 80 n'allaient pas tarder à montrer le bout de leur nez... Manque plus que les épaulettes et ça sera le pompon ! N'empêche que si ces fringues ne vous attirent pas plus que ça, rien que le magasin vaut le détour. Déjà, lorsque votre gros orteil gauche franchit le pas de porte, il se trouve nez à nez avec les pieds parfaits d'un grand black à la plastique parfaite qui vous gratifie d'un sourire parfait. Mouillée la petite culotte est. Oups ! Ce mec est juste payé pour être beau... L'entrée étant passée, s'en suit le plat de résistance : une panoplie de vendeurs / vendeuses plus canons les uns que les autres se trémoussant au son d'une playlist revival des boîtes des 90's (on appuie sur le bouton play svp, merci). Vous jouez des coudes pour toucher ce beau pull en laine douce, palper cette chemise de bucheron, enfiler cette robette en liberty petite maison dans la prairie ,reposer le tout. Tout est trop petit... Vous comprenez mieux pourquoi les américaines font du XL puisque vous êtes serrée comme un boudin dans du S !!! Dans un sens, c'est tant mieux car ce lieu est décidément un énième lieu de perdition... Et des comme ça, il y en a aux quatre coins des rues. Suffit de suivre un des itinéraires du Lonely Planet. Enfin, vous vous dîtes ça, vous ne dîtes rien... (1) : Levi's store, 1501 Brodway - Pour les chaussures, mieux vaut aller se perdre dans Harlem... (2) : Century 21, 50 Cortland street entre Brodway et church street métro Chamber station sur les lignes 123 (3) : Abercrombie & Fitch, 720 5th avenue. Pour info, cette enseigne devrait prochainement ouvrir un magasin à Paris sur les champs. Hiiiiiiiiii ! September 23 L'affaire Farewell #2Ne faisant pas partie de la grande confrérie des influentes, vous avez néanmoins reçu votre première invitation pour participer à l'avant-première d'un film comme une jeune communiante reçoit l'hostie sacrée pour la première fois. L'air béat. C'est donc la rencontre avec le réalisateur Christian Carion venu présenté son dernier film, L'affaire Farewell, qui vous a permis de faire vos premières armes... Et quelle rencontre ! ![]() Bon, vous passerez sur les people présents, les petits fours, tout ça. Ca intéresse vraiment quelqu'un ? Nan. Et puis de toute façon, rien de tout ça n'était présent. Alors, après quelques secondes de silence pesant, une première main se lève, une question est posée s'en suit une avalanche d'infos plus croustillantes les unes que les autres que vous vous empressez donc de rapporter :
Voilà, voilà. En espérant que ces quelques explications rendent le film plus compréhensible. Sur ce, bonne toile ! September 22 L'affaire Farewell #1 de Christian Carion Pierre Froment, marié deux enfants, est ingénieur chez Thomson basé à Moscou. Sa vie tranquille et rangée auprès de sa famille trouve un peu de piquant lorsque son supérieur le charge, en gage de service, de délivrer un message provenant des services secrets français à un certain Sergueï Grigoriev, colonel du KGB. Il ne se doute pas alors de l'importance de cette entrevue. Celle-ci en entraînant une autre, il devient malgré lui une pièce maîtresse dans l'affaire qui contribuera à faire tomber, entre autre, le mur de Berlin. ![]() Christian Carion, par ce film, nous dévoile un pan de notre histoire. Qui se souvient d'avoir entendu parler de cette affaire au début des années 80 ? Où tout au moins de l'avoir étudiée à l'école ? Quelle soit secrète en son temps est compréhensible mais attendre bientôt 30 ans pour découvrir bouche bée la part de responsabilité de notre pays dans une guerre entre deux monstres, et de surcroît par le biais du cinéma, a de quoi effrayé... La mettre en scène, et sur le devant qui plus est, est osé. Quoique la plupart des protagonistes ont disparus de nos jours... Il faut alors trouver les acteurs qui accepteront de participer à cette aventure peu commune. Pas simple d'incarner un président français, son homologue américain et un colonel russe... tout en sachant qu'il ne s'agit pas d'une fiction mais d'une page décisive de l'Histoire. Si en France nous découvrons cette affaire avec de grands yeux, qu'en sera-t-il des USA où bien sûr dans toute mémoire d'américain qui se respecte, seul Reagan, comme dans ses films, est le sauveur du monde ? Quand aux russes, il est fort à parier que celui-ci ne passera jamais la frontière... Il faut alors souligner le courage des acteurs qui ont su relever ce défit, porter leur personnage et nous foutre une claque dans la tronche en nous expliquant : voilà comment ça c'est probablement passé. Probablement. Parce qu'avec le KGB, et les autres, tout est probable et rien n'est jamais sûr... Ah bah ça nous change des once uppon a time... ! Mais comme disait Maurice : la vie n'est pas une long fleuve tranquille, maman... Il va sans dire que le réalisateur n'a pas trouvé tracée devant lui une voie royale pour réaliser son film. J'ai eu la chance de pouvoir assister à une avant première et de le rencontrer lors d'un débat après la projection. Dire que j'ai été scotchée n'est rien. Et le compte rendu ? Et bien il fera l'objet d'un prochain billet qui, je l'espère, éclairera bien des lanternes ;) ! September 21 Une semaine typeUne journée new yorkaise devrait toujours commencer par un footing dans Central Park. Vu que vous logez à 5 minutes à patte du dit parc. Mais vous avez oublié vos running... C'est ballot hein ?... Par contre, aux ballerines, aux spartiates argentées et autres petites chaussures de ville vous avez pensé. Faut pas déconner non plus. ![]() Nous disions donc que c'est ballot, vous en convenez, mais pas autant que des rendez-vous loupés. Alors du coup vous avez mis toutes les chances de votre côté et un point d'honneur à les honorer, ces RDV non programmés avec :
Bon. Bilan des courses. Il ne faudrait pas que vous viviez ici à l'année hein !? Sinon, à ce rythme là, votre vocabulaire se résumera vite à des uni-babillages semi-séniles ! ![]() ![]() ![]() September 15 Chicago, the musical de Bob Fosse et Fred Ebb Vous ne pouviez décemment séjourner à NYC et ne pas vous faire un petit spectacle sur Brodway. Ca ne se fait pas. Nan, pas se fait. Pourtant, vous avez bien failli faire demi-tour devant la longueur de la queue stagnant en face du TKTS (1). On r'viendra plus tard, ça me saoule ! ronchonne un de vos acolytes en bon français qui se respecte. Vous faîtes fi de sa frenchitude et moins de dix minutes plus tard (comme quoi...), vous empochez votre précieux sésame pour Chicago ! Yeaaaah !!! ![]() Confortablement installée dans votre fauteuil, vous attendez avec l'impatience caractéristique des 3-5 ans que le lourd rideau de l'Ambassador Theater se lève vous révélant une scène dépourvue de tout décor, où trône au beau milieu, l'orchestre laissant qu'un tout petit espace pour les comédiens sur le devant. Pas commun. Bon... Ladies and gentlemans, you're about to see the story of murders, greed, corruption, violence, exploitation, adultery and treachery ; all those things we all hold near and dear to our hearts... vous déclame en guise d'introduction un grand black baraqué. Vu la concentration dont vous avez dû faire preuve pour comprendre cette simple phrase, vous pressentez que vous n'allez pas tout capter... Les premiers rires de l'auditoire s'élevant au moment où Roxy s'enfuit après avoir annoncé I need to pee vous conforte dans vos craintes ! Vous n'avez rien compris... Vous suivez donc tant bien que mal l'histoire de Roxy, qui après avoir tué son amant se retrouve en prison avec Velma, une célèbre chanteuse de jazz de Chicago ayant elle-même envoyé dans l'au-delà son mari et sa sœur dont Roxy est une des premières fan. Les deux jeunes femmes vont bénéficier de la défense d'un avocat de renom qui jouera sur la naïveté de la première pour la rendre sympathique et innocente aux yeux des jurés, volant par la même la vedette à la deuxième. Le tout en chansons aux voix toutes en vibrato puissants et en danses aux chorégraphies à la mécanique bien huilée. Le spectacle est plus que rodé. Même si vous ne saisissez pas toutes les subtilités des dialogues, c'est un réel plaisir de voir évoluer ces professionnels de la comédie musicale dans un tel cadre. Pour profiter pleinement du spectacle, peut-être aurait-il été préférable de visionner le film au préalable... A bon entendeur ! Bonus : pour compléter le cliché, vous êtes restée, en groupie, à attendre la sortie des artistes. Surtout la guess star... Jerry Springer (dans le rôle de l'avocat)... ??? ... Mais siiiiiii, c'est le mec qui animait l'émission Jerry Springer Show sur la BBC ! s'exclame votre voisin de groupittute. Jamais entendu parler... C'est un genre de Michel Drucker local quoi... Ah ! Le voilà. Poliment et patiemment, il signe les carnets petit format, petits carreaux tendus devant lui. Il s'avance nonchalamment vers votre petit groupe de français. Son étonnement se lit ouvertement dans son regard devant les vôtres dépourvus d'étincelles à son approche. Reprenant contenance, il vous lance un rapide Hi ! How are you ? avant de se diriger sans écouter la réponse vers la petite dame au large sourire qui n'attend qu'un paraphe pour la combler de bonheur. (1) : TKTS est un kiosque permettant d'acheter des billets pour les spectacles sur Broadway à prix réduit. Parce que bon, ils coûtent un peu un bras ces petits moments de plaisir... Présentement, nous avons déboursé par personne 80,50 US$ en liquide avec 40% de réduction sur le prix initial ! TKTS sur Father Duty Square à Times Square, entre Broadway et la 7th av sur la 47th st. Petit conseil, venir dès l'ouverture à 3h00 PM pour le spectacle donné le soir même. September 10 Une proprio peu ordinaireP'tain, il est 15h00 et des bananes. Une heure de retard et vous n'avez pas l'ombre d'une idée où peut se trouver votre logement. 118th st et Malcom X. Avec ça vous voilà bien renseignés... Je vous attend à 14h00. Si vous avez du retard, passez-moi un petit coup de fil (...) ou un truc du genre qu'elle avait écrit la propriétaire de vos 200 m2 locatifs de NYC. C'est à dire que le numéro ne passe pas. Vous avez beau essayé LE téléphone sur les 6 disponibles daignant se connecter au réseau américain, le téléphone public, mettre l'indicatif, enlever et remettre le triple zéro, tout ça. Rien. Niet. Nada. Ça commence bien ! ![]() Ding dooong ! Gloups. Vous vous attendez à recevoir un savon mais c'est plutôt un sourire épanouissant un joli visage doux qui vous accueille. Ce tient face à vous une très jolie femme vous invitant à la suivre dans vos futurs appartements, vous lit très rapidement les rules des lieux et vous raconte l'histoire de cette maison de l'Uptown. Après avoir habité cet appartement, nous avons rénové le RdC que nous occupons maintenant et nous louons donc les 2 étages. Il y a aussi un sous-sol que nous avons aménagé. C'est très pratique car je suis chanteuse nous annonce-t-elle sans se départir de son beau sourire. D'ailleurs, vous avez mes CD là. Vous pouvez les écouter. Ça, c'est placé pensez-vous sournoisement... Une fois installés, vous introduisez donc le premier de la pile dans le lecteur et retournez vous concentrer sur le tronçonnage du saucisson bien de chez nous qui a réussi à passer la douane sans encombres. 2, 3 accords d'accordéon montent des enceintes. Qui veut une Bud ? demande l'un. S'en suit des notes sortant d'une guitare hawaïenne (?). Y'a des glaçons ? demande l'autre. ♫ Yoyoyo yioooooo, Yéyéyé yiéééééé ♫♪ chante votre logeuse. A l'apéro ! appelle un troisième ce qui amène un quatrième qui esquisse des pas de danse. Hey ! C'est vrai que c'est pas mal et entrainant ! Vous avez trouvé votre fil rouge musical de la semaine ! Vous découvrez donc un univers doux et chaleureux. Une voix envoutante et des mots que vous ne comprenez pas mais qui vous parlent. Un son parfois entrainant mais aussi cosy et apaisant. Razia Said a su vous charmer et vous pousser à vous intéresser à son monde. Car il s'agit bien là d'un monde à des kilomètres du vôtre. Celui de ses origines qu'elle chante. Celui qu'elle essaie, par son don artistique, de sortir de sa pauvreté. A sa manière. En ouvrant le coffret, vous apprenez que les incendies ne touchent pas que le maquis corse au mois d'août. Qu'il s'agit là d'espèces d'arbre menacées de disparition. Qu'un CD acheté permet le financement de la plantation d'un spécimen. Zebu Nation (1) c'est tout ça. Les baobabs. Les zébus. Les malgaches. Madagascar. ♫ Yoyoyo yioooooo, Yéyéyé yiééééé ♫♪ (1) : Titre de son dernier album qu'elle viendra présenter au public français le 21 octobre à Paris au Satellit Café (44, Rue de la Folie-Méricourt dans le 11ème). Pour en savoir un petit peu plus et s'imprégner de son univers, c'est par ici. Nota : et ce n'est que le début des rencontres avec des célébrités ! Quoi ? QUOI ??? Meuh nan vous ne racolez pas ! C'est ce qu'on appelle un teasing. Comment ça c'est pareil ?! Les marais de Marie |
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